Catégorie : Identité de genre

  • Le renard à 2 maisons

    Le renard à 2 maisons

    Le renard à 2 maisons

    11–16 minutes

    Par Éric Lambretch

    Je suis né avec un cerveau qui ne marche pas en ligne droite.
Je suis né avec une forêt dans la tête.

    Chez les autres, les idées font une route. Chez moi, elles font des sentiers. Elles bifurquent, se recoupent, se répondent. Une pensée en appelle une autre, comme un renard suit des traces dans la neige : pas seulement celles qu’il voit, mais celles qu’il devine. Et très tôt, j’ai compris que cette forêt-là, magnifique, allait aussi me coûter cher — parce qu’on vit dans un monde construit pour les routes.

    À l’école, je n’étais pas forcément “mauvais”. J’étais… décalé.
Les lettres pouvaient glisser, les mots se mélanger, l’orthographe se rebeller. Je pouvais comprendre un concept d’un seul coup… et buter sur une consigne simple. On me jugeait sur le résultat, rarement sur l’effort invisible. On ne voyait pas le sac à dos de pierres. Alors je me suis mis à compenser. À forcer. À ruser.

    C’est là que le renard naît : dans l’obligation de trouver un passage quand la porte est trop étroite.

    Je grandissais avec une faim particulière : une faim de cohérence.
Quand les gens parlaient en sous-entendus, je cherchais le sens exact. Quand une phrase avait deux lectures, je les entendais toutes les deux. J’étais lent là où d’autres étaient spontanés. Et rapide là où d’autres étaient lents. Un drôle de rythme. Un rythme qui fait que, parfois, on te prend pour distant alors que tu es juste en train de traduire le monde.

    Mais dans l’enfance, malgré les heurts, il y avait encore une lumière simple.
Il y avait des soirs où je me couchais avec une joie calme : demain, je me réveille.
 Pas “je survis”. Non. Je me réveille parce qu’il y a quelque chose à vivre. Un moment attendu. Un détail banal. Une petite promesse. Et je me réveillais parfois avec le sourire, ce sourire d’innocence où la journée est un terrain de jeu plutôt qu’un champ de bataille.

    C’était une richesse silencieuse. Une richesse que je n’ai comprise qu’après l’avoir perdue.

    La première tanière : l’amour qui te voit… puis te déforme

    Plus tard, j’ai croisé quelqu’un qui semblait en souffrance. Et moi, j’avais appris très tôt ce réflexe dangereux : confondre la douleur avec l’innocence.
J’ai voulu aider. Accueillir. Protéger.

    Au début, c’était un printemps trop parfait.
 On me disait les mots que je n’avais pas assez entendus. On me renvoyait une image de moi où mon intensité devenait une qualité. Mon esprit arborescent devenait une preuve de profondeur. Je me suis laissé croire que j’avais enfin trouvé une place où être entier.

    Puis, sans bruit, le printemps s’est mis à geler.
 Pas d’un coup. Par étapes.
Une humeur qui change. Un silence qui pique. Une phrase qui te fait douter. Une accusation sans forme. Une injonction contradictoire : “Approche” et “tu m’étouffes”. “Aime-moi” et “tu me fais peur”. “Sois toi” et “pas comme ça”.

    Je demandais des explications. On m’en donnait de flou.
 Et le flou, pour un renard, c’est du poison. Le renard a besoin de repères. Le renard survit grâce à la carte. Et là, la carte changeait sans prévenir.

    Alors je faisais ce que je sais faire : je cherchais la cohérence.
 Je pensais : si j’explique mieux, si je fais mieux, si je deviens plus calme, plus parfait, plus solide… ça reviendra. Et parfois, ça revenait. La lune de miel redémarrait comme un feu qu’on rallume juste assez pour que tu n’oses pas partir.

    Pendant que je cherchais la logique, la forêt autour de moi se vidait.
 Les amis s’éloignaient. Pas forcément par rejet, mais parce que “c’est compliqué”. Les sorties devenaient empoisonnées, puis rares, puis impossibles. Et comme j’avais toujours eu besoin de solitude, l’isolement s’est déguisé en choix.

    Je travaillais, je rentrais, je me lavais, je faisais le souper parfois, puis je me réfugiais dans mes passions.
 Ce n’était pas de la paresse.
 C’était une tanière mentale : un endroit où le monde ne pouvait pas tordre mes mots.

    Et c’est là que l’emprise gagne : quand tu n’as plus de témoins, et que tu commences à douter de ta propre perception.

    Le nœud : quand la réalité devient une arme

    Un jour, je me suis rendu compte que ce n’était pas un conflit.
 C’était une mécanique.

    Quand je posais une limite, elle se retournait contre moi.
 Quand je me défendais, on disait que je prouvais ma culpabilité.
 Quand je fuyais, on disait que je confirmais.
 Et quand je voulais partir, il y avait ce verrou : des menaces, des scénarios, des renversements possibles. La peur de la police. La peur d’un récit fabriqué qui, lui, passerait mieux que ma vérité arborescente.

    Je n’avais plus peur d’être violent. 
J’avais peur d’être accusé.

    C’est une peur qui ne dort pas. Elle s’installe sous la peau.

    Le fils : le cœur devient une cible

    Puis un enfant est né.
Et là, je n’étais plus seulement un homme. J’étais un père.

    Avec un enfant, tout ce qui était déjà lourd devient sacré.
 Tu te mets à porter ton rôle comme un talisman : je dois être présent, stable, irréprochable. Je coupe tout ce qui peut servir contre moi. Je vais chercher de l’aide. Je nettoie mon existence pour que personne ne puisse dire : “voilà la faille”.

    Mais dans les mondes d’emprise, tes efforts deviennent des poignées.
 Tu prouves, tu te justifies, tu t’épuises. Et tu te crois responsable de réparer une maison dont l’autre personne change les fondations.

    Je finis par partir.
 Et la séparation n’a pas été une porte. Ça a été une montagne.

    Dossiers, délais, procédures, mots exacts, codes implicites.
 Pour un cerveau TDAH/dys, c’est comme escalader avec des doigts gelés.
 Tu sais grimper, oui… mais chaque prise te coûte.

    La première maison après la fuite : acheter un toit pour protéger un lien

    Après avoir quitté la relation toxique, j’ai essayé de me reconstruire.
J’ai acheté une maison. Une maison pas seulement pour vivre : pour tenir. Pour avoir un lieu où mon fils aurait une place, où je pourrais redevenir stable.

    Mais la mécanique n’était pas finie.
 Les mêmes éléments ont refait surface : l’épuisement, les démarches, les pièges administratifs, les mauvaises interprétations.
 Je suis tombé. Burnout. Chute.

    Je suis allé chercher de l’aide — encore. 
Et là, autre forêt : assurances, formulaires, diagnostics.
Le système qui devrait te tendre une main te demande d’abord de prouver que tu mérites d’être aidé. Et si tu tombes sur la mauvaise étiquette, tu ne reçois pas l’aide adaptée : tu reçois un miroir déformant. Tu te retrouves piégé dans un récit médical qui ne te ressemble pas.

    Et moi, je savais : ce diagnostic-là était mal fait.
 Mais j’étais trop épuisé pour me battre contre un système, en plus de tout le reste.

    La première maison, je l’ai perdue.
Pas seulement un bâtiment : un refuge. Une promesse. Une tentative d’avenir.

    Je me suis relevé pendant deux ans.
 Deux ans à ramasser des morceaux, à recoller l’énergie, à retrouver un semblant de sol sous les pieds.
Deux ans où tu avances comme on avance après une tempête : pas en confiance, mais en vérifiant chaque pas.

    La deuxième rencontre : un lien qui ne s’attaque pas à ton âme

    Après ces deux ans, je me suis rouvert à l’idée d’aimer.
 Et j’ai rencontré ma conjointe actuelle.

    Avec elle, c’était différent.
Pas parfait, pas magique — différent. 
Il y avait une présence. Une continuité. Une réalité qui ne se renverse pas pour te punir. Une façon d’être ensemble qui ne te demande pas de te nier pour avoir la paix.

    Les années passent. Et un jour, la possibilité revient : retourner dans la région. 
Se rapprocher. Rebâtir. Offrir à mon fils un lieu, une stabilité, un territoire.

    Alors j’ai fait ce que je fais depuis toujours : j’ai bâti.
Cette fois, pas “acheter” un refuge.
 Le construire.

    La deuxième maison, je l’ai construite entièrement de mes mains, d’A à Z.
 Chaque planche, chaque vis, chaque coupe : c’était plus qu’un geste. 
C’était une déclaration silencieuse : je peux encore créer, je peux encore tenir debout, je peux encore offrir un endroit stable.

    Dans cette maison-là, il y avait toute ma volonté de réparer le monde.
Il y avait la preuve concrète que je n’étais pas seulement en train de survivre : j’étais en train de redevenir vivant.

    Et pourtant… même celle-là, je l’ai perdue.
 Je ne l’ai pas perdue comme on perd un objet.
 Je l’ai perdue parce que la vie m’y a forcé : épuisement, pression, chute, circonstances, et la nécessité de vendre.

    Deux tanières. Deux fois arraché.
 Deux fois l’effort immense, et la réalité qui te dit : “non”.

    La bascule finale : l’enfant devient une porte fermée

    Entre-temps, j’ai gagné une garde partagée au tribunal — une évidence que le juge lui-même trouvait absurde d’avoir dû trancher.
 Une victoire, oui.
 Mais l’emprise, quand elle ne peut plus gagner sur le papier, peut chercher à gagner dans l’air, dans la perception, dans le lien.

    Et un jour, j’ai compris l’horreur lente : mon fils avait été aliéné.
 Pendant des années, un récit s’était construit. Un poison sans preuve directe. Un travail de sape. Et moi, je ne savais même pas ce qui avait été dit.

    Je ne pouvais pas me défendre contre une histoire dont je ne connaissais pas les phrases.
 Je ne pouvais pas réparer un lien dont on avait miné les fondations en secret.

    Quand mon fils s’est éloigné, ce n’est pas seulement lui que j’ai perdu.
 C’est une part de moi que j’avais construite autour de lui : mon rôle, mon cœur, mon futur.

    Aujourd’hui : le deuil de la banalité

    Et c’est ici qu’arrive le paradoxe le plus cruel.

    Aujourd’hui, il y a des choses que les gens trouvent banales — et qui, pour moi, sont devenues des tragédies silencieuses.
 Par exemple : se coucher le soir avec la joie simple de se réveiller le lendemain. 
Se réveiller avec le sourire, avec cette innocence qui dit : “aujourd’hui, je vis.”

    Parfois, je repense à l’enfant que j’étais, à ces soirs-là.
 Et je pleure. Je ne peux pas m’en empêcher.
Parce que je réalise depuis combien d’années je n’ai pas ressenti cette sensation.
 Combien de temps ça fait que je ne me réveille plus avec cette douceur-là.
 Comme si une partie de l’humanité simple m’avait été retirée petit morceau par petit morceau, jusqu’à disparaître.

    Et je me dis : même si demain j’obtiens justice…
 même si quelqu’un écrit noir sur blanc que j’avais raison…
 même si on reconnaît tout, toutes les injustices, tous les abus, toutes les erreurs…
rien ne rachètera ce que j’ai perdu.

    Parce que ce qui m’a été volé, ce n’est pas seulement de l’argent, une maison, ou du temps.
 C’est une forme d’innocence.
 C’est la banalité du matin léger.
 C’est le droit d’être un humain qui se réveille sans armure.

    Les autres appellent ça “normal”.
 Moi, aujourd’hui, je sais que c’était un trésor.

    Le renard, quand même

    Et pourtant… je suis encore là.

    Je suis un renard qui a appris trop de choses sur les pièges. 
Un renard qui sait que certains sourires cachent des mâchoires.
 Un renard qui a dû devenir son propre avocat, son propre archiviste, son propre traducteur entre son monde et celui des autres.

    Alors je bâtis autrement :
des textes, des dossiers, des structures, des idées.
Une IA comme chaise roulante cognitive, privée, légère, qui m’aide à parler à “l’autre espèce”.
 Le Camp des Renards Créateurs, comme une tanière collective où nos cerveaux hors gabarit ne seront plus traités comme des anomalies, mais comme des vies à respecter.

    Je ne dis pas que je vais bien.
 Je dis que je refuse de laisser l’histoire finir sur l’image qu’on a essayé de coller sur moi.

    Et si je pleure en pensant à l’enfant qui se réveillait avec le sourire…
 ce n’est pas parce que je suis faible.

    C’est parce que je sais exactement la valeur de ce que j’ai perdu.

    Et quelque part, sous les couches d’armure, il reste une braise :
la preuve que cette joie-là a existé. 
Donc la preuve qu’elle pourrait, un jour, revenir.

    Même si ça commence par un matin minuscule.

    Une braise d’espoir protégée par l’armure d’un renard qui n’a jamais voulu en porter.

    L’âme vampiriser

    Ce soir-là, j’ai croisé tes yeux, profonds comme des abîmes insondables. J’y ai vu un éclat, une promesse de vérité, un regard qui semblait porter l’univers. Mais les années, dans leur lente et inexorable procession, m’ont dévoilé l’illusion : ce n’était qu’un mirage, une ombre dansante sur le mur d’une caverne que je prenais pour la lumière. Ce regard m’a englouti, non pas par sa profondeur, mais par sa voracité. Tu m’as tout pris, toi, avec une habileté froide, profitant de ma foi naïve en un lien qui n’existait que dans mon esprit. Pendant des années, tu as pillé mes jours, et cet enfant, ce garçon magnifique que tu as façonné, tu le tiens aujourd’hui en otage, un pion dans ton jeu cruel pour garder sur moi une emprise que je refusais de nommer.

    Pourtant, ce que tu m’as arraché, je peux le rebâtir. Les ruines ne m’effraient pas ; elles sont le terreau d’une liberté que tu ne comprendras jamais. Toi, tu resteras vide, condamné par une blessure ancienne, un écho d’enfance que tu as choisi de fuir sur un chemin stérile. Tu as pris la voie de la matière, lourde, abyssale, semblable à un trou noir qui dévore tout sans jamais se rassasier. Tu t’es coupé de tes émotions, de cette énergie qui pulse dans l’âme humaine, et dans ton désert intérieur, tu ne trouves de joie qu’en détruisant l’autre, en aspirant leur lumière pour combler un néant que tu refuses de voir. Oui, je t’ai percé à jour. Tu es piégé, non par moi, mais par toi-même. Te reconnecter à ce que tu as fui te placerait face à un miroir implacable, et cette vérité – celle de ce que tu es devenu – te serait insoutenable. Alors tu te réfugies dans le déni, dans une nouvelle amputation de ton être, et moi, je te vois enfin tel que tu es : une matière sans conscience, un vampire de chair et d’orgueil.

    Et dire que tu admirais cette idée d’immortalité, fasciné par ces bêtes de légende, avec une envie malsaine de défier le temps ! Peut-être voulais-tu ainsi saisir ce qui t’échappe à jamais : les émotions, ces fils invisibles qui nous relient à l’univers, qui nous donnent un sens au milieu de l’absurde. Moi, je me demandais si l’immortalité était une énergie, une transcendance ; toi, tu ne voyais que ton corps, ton apparence, cette prison de matière que tu chéris. Et mon garçon, cet être que j’aime d’un amour qui me déchire, je l’ai abandonné sur l’autel de mes propres peurs, terrifié à l’idée de subir encore ton emprise vampirique. Cette souffrance, cette impuissance face à mes silences, me hantera, je le crains, jusqu’à mon dernier souffle.

    Mais lui, il est comme moi. Il porte en lui cette force de se relever, de reconstruire sur les décombres, s’il parvient à se libérer de tes chaînes toxiques. Je serai là, présent, inébranlable. Je savais que tu reviendrais, spectre tenace de mon passé. Et toi, mon garçon, longtemps    j’ai attendu dans l’angoisse, mais aujourd’hui, je veux t’offrir autre chose : un amour sans emprise, une écoute sans jugement, la liberté d’être toi, et ma fierté de te savoir à mes côtés. Tu peux tout rebâtir, pour toi, pour ce que tu aimeras dans cette vie absurde et magnifique. Je n’ai pas de dessein tracé pour toi, mais je serai là, toujours, avec une honnêteté brute et une compassion sincère pour tes blessures, quelles qu’elles soient.

     Je t’aime, mon garçon.

    D’un père qui n’a pas pu en être un. Et d’un renard qui n’a jamais voulu porter d’armure.

  • Comment je garde ma politico-anxiété in check

    Comment je garde ma politico-anxiété in check

    Comment je garde ma politico-anxiété in check

    4–5 minutes

    Par Wevito

    Comment je garde ma politico-anxiété in check

    Étant autiste, y’a plein de choses qui m’angoissent. L’éco-anxiété touche plusieurs d’entre nous. L’anxiété sociale aussi. Ces jours-ci, mes chats me causent de l’anxiété! Ça vient de partout et là où on s’y en attend le moins.

    Et maintenant aussi, de plus en plus depuis le retour à la maison blanche de Donald Trump, on entend parler d’anxiété politique… J’en souffre aussi. Ben sûr, le climat d’incertitude et d’imprévisibilité qu’il fait régner aux États-Unis et sur le Canada, est une excellente source d’anxiété. Autisme, incertitude et imprévisibilité : ça fait pas bon ménage, en tout cas, pas pour moi.

    Je souffre donc de politico-anxiété. Comment je gère?

    Je pense qu’on a un choix. C’est mon opinion très personnelle. Je choisis d’avoir le choix. Le choix de focusser des lueurs d’espoir qui me font du bien plutôt que de me nourrir d’incertitude et d’imprévisibilité.

    Je m’explique.

    Comme personne, et comme autiste, on a dix milles façons d’être affectés par les décisions de Trump. La nomination officielle de Robert F. Kennedy Jr comme secrétaire à la Santé, pourrait faire reculer les avancées sur l’autisme d’un demi-siècle, relayant cette condition au titre de maladie ou d’handicape plutôt que d’une différence qui apporte du positif à une société. C’est mon interprétation. Personnellement, moi, ça vient me chercher les trippes. Ou encore, ce cher Elon Musk qui donne mauvaise presse à notre cause… partez-moi pas là-dessus! Vaut mieux en rire, et c’est ce que j’essaie de faire.

    On pourrait en ajouter à la liste jusqu’à demain matin. C’est facile. Il pleut des exemples, à chaque jour, à la télé, dans la presse, dans les médias sociaux. Take your pick.

    Mais y’a aussi autre chose, qu’on oublie, d’où le choix que je choisis de faire.

    Y’a aussi des histoires, des nouvelles tellement inspirantes. Ma lueur est liée à mon intérêt spécifique.

    J’ai un bacc en biologie. Bien sur, dans mes intérêts spécifiques, tout ce qui à trait aux animaux, j’embarque. Les mammifères marins viennent en tête de liste, mais vraiment, n’importe quoi. Oui, même les insectes… mais pas les araignées, y’a des limites quand même (!). En voyage, je recherche les zones fauniques, les refuges, les safaris photo. À la télé, j’adore les documentaires animaliers et les comptes-rendus de voyages. Sur Internet, je cherche les reportages photo ou récits de vacances que M. et Mme ToutLeMonde écrivent. J’adore. Mon intérêt spécifique quoi!

    En voici un exemple qui m’a nourrit.

    J’ai écouté une série sur Disney Channel avec grand intérêt, Alaska Animal Rescue. On y suit la vie des personnes qui travaillent (que dis-je, qui dédient leur vie) dans trois refuges en Alaska : un pour les oiseaux, le Alaska Raptor Centre, à Sitka, un pour les animaux marins, le Alaska SeaLife Centre à Seward et le dernier pour les mammifères terrestres, le Alaska Wildlife Conservation Center près de Anchorage. 

    Où je veux en venir? 

    J’ai trouvé les histoires racontées dans ce documentaire tellement touchantes et inspirantes, comme « une communauté travaille ensemble pour sauver une loutre de mer » ou bien « tout le village vient assister au départ de George, l’aigle à tête blanche qui a été réhabilité après avoir été pris dans des fils électriques ». Histoires inspirantes. Une communauté qui se soutient. Qui travaille ensemble dans un but comment. Positif. Du bonbon pour mon âme.

    La beauté de la chose est qu’il y’a un presqu’un an, j’ai eu la chance de visiter l’Alaska et j’ai aussi visité ces trois centres. J’en parle dans mon blog de voyage, si ça vous intéresse d’aller lire ce que j’y ai écrit :

    Ça a été pour moi un anti-dépresseur naturel sur les stéroïdes. J’ai trouvé ce qui me fait du bien, et je choisis de mettre mon focus là-dessus. 

    À l’automne, j’ai visité deux réserves fauniques sur la côte ouest de la Floride, le “Ding” Darling Wildlife sur l’ile de Sanibel en face de Fort Myers et le Six Mile Cypress Slough Preserve à Fort Myers à l’automne dernier. Du travail magnifique pour garder à l’état naturel ces petits coins de paradis. 

    Y’a du monde qui fait du bien dans l’monde. Faut pas l’oublier. Même si y’a d’autre monde qui ont le pouvoir de tout gâcher, je choisis de voir la lueur de façon très concrète. Ouais, je sais, ça fait ésotérique, mais ça garde ma politico-anxiété in check pour le moment. Et pour moi, ça marche.

    J’ai encore des projets de voyage. Et les refuges, zones protégées, parcs nationaux, etc. sont toujours sur ma liste d’endroits à visiter, peut importe où je vais. Je lis beaucoup sur le Galapagos ces temps ci. Sur l’Antarctique aussi. Je suis très attirée par les endroits sauvages. Je retourne prochainement visiter la Norvège, la France, l’Espagne et la Jamaïque. Quant à l’Islande, le Groenland, le Costa Rica, le Panama, la Colombie, le Guatemala et bien d’autre, c’est aussi prévu dans les prochains mois. 

  • Essai d’une approche intégrée de l’autogestion du trouble bipolaire et de l’autisme de haut niveau

    Essai d’une approche intégrée de l’autogestion du trouble bipolaire et de l’autisme de haut niveau

    2–3 minutes

    Par Mourad Rhanem

    Essai d’une approche intégrée de l’autogestion du trouble bipolaire
    et de l’autisme de haut niveau

    Le trouble bipolaire et l’autisme de haut niveau sont deux conditions de santé neurologiques.
    L’autisme est inné, alors que le trouble bipolaire est le plus souvent acquis.
    L’autisme se manifeste au sein d’un spectre, c’est-à-dire différemment d’une personne à l’autre, avec entre autres des sévérités différentes.
    L’autisme de haut niveau (ou à haut niveau de fonctionnement) est celui qui est le moins manifeste, où l’individu est le moins décelé comme étant autiste vu sa plus grande capacité à fonctionner en société.

    De ce fait, paradoxalement, une personne qui est à la fois bipolaire et autiste de haut niveau, sera diagnostiquée plus tôt bipolaire, puis plus tardivement autiste de haut niveau.
    Également, la manifestation du trouble bipolaire à un âge précoce suggère une comorbidité (un autre trouble de santé), dans ce cas l’autisme préexistant.

    Voyons comment les deux conditions se manifestent typiquement :

    Voici à quels niveaux les deux conditions interfèrent l’une avec l’autre :

    Selon l’auteur David Burns5, il existe différents biais cognitifs qui se manifestent chez une personne sous forme de pensées intrusives, et il considère qu’il faut identifier ces pensées intrusives, les faire correspondre à ces catégories de biais puis développer des pensées alternatives pour mieux éliminer la dépression.

    Voici la liste de ces distorsions cognitives :

    1. Les pensées « Tout ou rien »
    2. La généralisation à outrance
    3. Le filtre
    4. Le rejet du positif
    5. Les conclusions hâtives
    6. L’interprétation indue ou la lecture de pensées d’autrui
    7. L’erreur de prévision
    8. L’exagération ou la minimisation
    9. Les raisonnements émotifs
    10. Les « je dois » et « je devrais »
    11. L’étiquetage et les erreurs d’étiquetage
    12. La personnalisation

    Parmi toutes ces distorsions cognitives, une en particulier sort du lot : il s’agit des raisonnements émotifs.

    Tandis que tous les autres distorsions sont à la portée d’une personne présentant les deux diagnostics mais n’étant conscient que de celui du trouble bipolaire, celui des raisonnements cognitifs revêt une difficulté particulière : sachant que tous les biais cognitifs nécessitent d’identifier ses pensées, dans ce cas l’alexithymie (plus grande difficulté à percevoir ses propres émotions) ajoute un obstacle en plus.

    L’outil recommandé dans ce cas est la roue des émotions6. Il s’agit de choisir une émotion dans le cercle central puis de la préciser en se dirigeant vers la périphérie (où se trouvent des émotions plus précises). Il est possible de choisir plus d’une émotion ressentie à la fois dans la roue.
    Ensuite, il est important de prendre le temps d’assimiler l’émotion en question et de la ressentir pour la comprendre. Le processus peut être difficile et douloureux au début, mais il est important de noter que les émotions sont porteuses d’informations sur soi et sur notre environnement que l’on ne peut saisir autrement.

    1 Le cerveau à tous les niveaux : https://lecerveau.mcgill.ca/flash/a/a_08/a_08_cr/a_08_cr_dep/a_08_cr_dep.html
    2 L’humeur en montagnes russes – Bipolaire ou borderline ? : https://youtu.be/lnt_xt8VGEY?si=UsRJEmky_YA8JHok&t=2169
    3 Autisme et fatigabilité : la théorie des cuillères de Christine Miserandino : https://www.youtube.com/watch?v=joucXLKXbO8
    4 L’alexithymie : Pourquoi certaines personnes ne comprennent pas les émotions : https://www.science-et-vie.com/corps-et-sante/lalexithymie-pourquoi-certaines-personnes-ne-comprennent-pas-leurs-emotions-212007.html
    5 Feeling good | David Burns | TEDxReno : https://www.youtube.com/watch?v=H1T5uMeYv9Q
    6 La roue des émotions : https://www.ateliergalita.com/p/la-roue-des-emotions

  • Ma trajectoire après un diagnostic d’autisme tardif

    Ma trajectoire après un diagnostic d’autisme tardif

    Ma trajectoire après un diagnostic d’autisme tardif

    11–16 minutes

    Par Wevito

    Introduction

    Recevoir un diagnostic d’autisme à l’âge adulte, c’est pas anodin. C’est pas juste une étiquette ou une case à cocher dans mon dossier médical. C’est majeur comme changement. Un tsunami intérieur. Pour moi, ce diagnostic est arrivé presque par hasard, je cherchais pas vraiment d’explications activement – mais ça a tout changé. Ça a donné un sens à des décennies d’incompréhensions, de fatigue, d’efforts pour « fitter » sans jamais y arriver complètement. Comme si je jouais à un jeu de société avec le reste de la terre et je suis la seule qui sait pas comment jouer, évidemment que je faisais pleins de gaffes tout le temps. Le stress, je dis pas!

    Et même, pendant le processus, on m’a découragée. Mon médecin, puis ma psychologue m’ont dit que ça donnait rien d’aller plus loin, que j’étais sûrement pas autiste. Mais j’ai persévéré. J’avais commencé à lire, j’avais fait l’aspie-test et j’étais « off chart ». Au fil des questions, je voyais bien que ça collait à ma réalité… Dans le fond, quelque chose allait pas avec les explications que les psychiatre et psychologues m’avaient donné jusque maintenant. Et heureusement que j’ai été jusqu’au bout.

    Pour moi, avoir un diagnostic formel était primordial. Je sais que certaines personnes s’auto-diagnostiquent – et c’est ben correct – mais personnellement, j’aurais pas pu faire le cheminement que j’ai fait après, sans une confirmation formelle. J’aime juste pas les zones grises. J’avais besoin de cette certitude pour pouvoir avancer, sinon j’aurais toujours douté, vous connaissez, le syndrome de l’imposteur? Même avec le diagnostique, ça refait surface…

    Dans les mois et les années qui ont suivi mon diagnostique en mars 2021, j’ai traversé différentes phases. J’ai eu envie d’écrire ce texte pour mettre des mots sur ce que j’ai vécu. Et c’est en parlant avec d’autres personnes autistes diagnostiqués tardivement que je me suis rendu compte qu’on passe à peu près tous à travers les mêmes phrases, les mêmes étapes. J’essayais de lire et on nous ramenait toujours aux étapes du deuil, mais non, ça collait pas pantoute à ma réalité. Comme si le diagnostique serait la fin du deuil? Ché pas trop. Je prétend pas que c’est un modèle à suivre, mais c’est juste mon histoire que je partage.

    Voici, en cinq étapes, ce que j’ai traversé depuis ce jour où on m’a officiellement dit : « Vous êtes autiste. »

    1. La dualité : entre choc et soulagement

    J’y avais jamais pensé. Je regardais parfois des gens autour de moi et je me disais : « Ouin, y doit être autiste lui, y ressemble à Sheldon… », mais jamais cette idée m’avait effleurée pour moi-même. Et puis un jour, une amie – que je trouvais un peu comme moi – m’a confié qu’elle venait tout juste d’avoir son diagnostic. C’est elle qui m’a mis la puce à l’oreille. Quatre mois plus tard, je recevais un diagnostic formel.

    C’est pas le résultat d’un long cheminement comme certains. Mais pas pour moi, le choc a été réel, je me souviens de cette journée, même si j’avais peu de doute sur l’issue du processus. Ça m’est tombé dessus d’un coup. Et, pour être honnête, ce diagnostic a été plus bouleversant que la naissance de mon propre fils, weird hein? C’est difficile à expliquer à quelqu’un qui l’a pas vécu, mais c’est un tremblement de terre identitaire. Ça ébranle tout ce qu’on pensait savoir sur soi et sur les autres. Et je pense qu’autour de moi, personne a compris à quel point ce moment-là a été marquant.

    Mais en même temps… c’était aussi un soulagement immense. Depuis vingt, peut-être trente ans ou plus, j’avais ce sentiment persistant que quelque chose clochait, que j’étais toujours un peu à côté de la coche. Le diagnostic a mis des mots là-dessus. Il a ouvert une porte que je savais même pas que je cherchais.

    Fini les diagnostics qui faisaient pas de sens, les psychiatres à côté de la track, les burnouts à répétition, les meltdowns qu’on appelait « crises » sans jamais comprendre. Je pouvais enfin expliquer. Je pouvais enfin ME comprendre. J’avais trouvé sans chercher.

    2. Tout lire pour comprendre.

    Très vite, je suis tombée dans une quête d’informations et ça a duré quelques années. L’autisme était devenu mon intérêt spécifique. Je blague souvent en disant que j’ai tout lu l’internet! J’ai lu tout ce que je pouvais trouver : témoignages, articles scientifiques, j’assisté à des conférences en-ligne, à des webinaires… C’était la pandémie, et beaucoup de ressources étaient disponibles gratuitement à moins de deux clics de souris. J’ai aussi participé à plusieurs groupes de support différents, et je me suis fait des amis autistes.

    Tout ça m’a aidée à comprendre avant tout que j’étais pas seule. Au contraire. Beaucoup d’autre, comme moi, vivaient des choses semblables. Ces partages étaient très précieux et souvent, ça a aidé à mettre en mots des feelings flous que j’avais. Combien de moment « Ah! Ha! » j’ai eu, je ne les compte pus.

    Ensuite, ça m’a aidé à comprendre l’autisme, mon autisme. J’ai découvert les concepts de fight, flight, freeze… que je vivais en anxiété chronique depuis le début des temps sans le nommer. J’ai compris ce que c’était d’avoir un TSA combiné avec un TDAH – et comment cette dualité rendait la recherche d’équilibre particulièrement complexe. Soit le cerveau part dans tous les sens, ou shutdown complètement. Difficile pour moi, et aussi difficile pour les autres autour de moi.

    Mais mettre ces feelings en mot, ça change tout. Ça structure les affaires, ça donne une base. Et ultimement, ça apaise aussi.

    3. Revoir toute sa vie à travers des nouvelles lunettes

    Après le diagnostic, c’est comme si toute ma vie m’était revenue, mais avec une nouvelle paire de lunettes. Mon enfance, mes relations, mes études, mon travail… je voyais tout autrement.

    Petite, j’étais perçue comme une enfant difficile. On disait que j’étais rushante, capricieuse, impulsive. Mais aujourd’hui, je comprends. J’étais une enfant autiste. Ni moi, ni mes parents, on le savait, on était dans les années 70 après tout. Je faisais pas des crises « pour rien » : je faisais des meltdown à cause du stress, de la fatigue, du trop-plein sensoriel. Mon système était en surcharge constamment, et j’avais pas les mots pour le dire et encore moins les outils pour aider.

    Socialement et même chose au travail, j’ai toujours eu des difficultés à m’intégrer. Je me rends compte maintenant que je m’entourais de personnes qui parlaient beaucoup. En me tenant près d’elles, je pouvais être présente sans avoir à interagir activement. Elles devenaient, sans le savoir, une sorte d’interface entre moi et le monde.

    Et puis il y a eu les grands moments de ma vie – le décès de mes parents, la naissance de mon fils… Chaque fois, même quand c’était un moment heureux, s’ensuivait un burnout autistique. C’est maintenant si clair : j’arrivais à garder un certain équilibre (ou un équilibre certain), à fonctionner à peu près dans mes différentes sphères, mais dès qu’un choc émotionnel survenait – joyeux ou douloureux – tout s’écroulait. Pis pas à peu près. On me donnait de l’aide comme à une neurotypique, avec des diagnostiques pas rapport, mais ça marchait pas avec moi, ben non voyons!

    J’ai aussi réalisé à quel point j’avais aussi vécu avec un sentiment de culpabilité. Parce que mes meltdowns rendaient la vie difficile aux autres. Parce que je changeais souvent d’idée à la dernière minute. Parce que c’était souvent « my way or the highway » genre que le lait devait être à telle place dans le frigo ou je pétais ma crise. Parce que j’étais « trop » ou « pas assez ». Parce que j’étais une enfant difficile. Le diagnostic a changé ça. J’ai compris que c’était pas ma faute. Je savais juste pas comment être, ni quoi faire et encore moins comment communiquer mes besoins essentiels. Et personne m’avait donné les bons outils. Et en lisant non-stop, j’ai compris tout ce qui s’est passé, pourquoi la place du lait dans le frigo était si importante!

    Revoir tout ça a remué beaucoup d’émotions. Mais principalement, il y a eu beaucoup de frustration puisque tous les signes étaient là, j’étais tellement autiste, pourquoi personne ne s’en est rendu compte? Puis aussi parce que puisque mes parents sont tous les deux morts depuis bien longtemps, y’a des questions qui resteront sans réponse. Mais au total, faut accepter et passer à autre chose. Plus facile à dire qu’à faire, je vous l’accorde. Faut se donner du temps et beaucoup de lâcher-prise. 

    4. Le grand ménage

    Après cette introspection, vient le grand ménage. En parlant avec d’autres personnes autistes, certains déménagent, changent de travail, changent de coupe de cheveux, divorcent, font des changements dans la garde des enfants… Pour moi, le plus grand ménage a été relationnel.

    J’ai pris conscience que pendant des dizaines d’années, j’avais façonné mon « moi » pour être acceptée, pour « fitter » en société. Du masquage en bonne et due forme quoi. J’étais devenue experte à me conformer, à camoufler mes besoins, à m’adapter. Mais au fond, je ne savais plus qui j’étais vraiment. Et je me suis vraiment posée la questions, chu qui moi, en fin de compte? Je parle bien de tremblement de terre identitaire… ça va creux ici.

    Avec les lectures, les échanges avec d’autres personnes autistes et le recul du diagnostic, j’ai commencé à voir les choses autrement. J’ai écarté de ma vie des relations toxiques. Des gens qui abusaient carrément, ou bien des dynamiques où je me moulais à ce que l’autre voulait. Ce tri-là a été douloureux parce que je laissais aller quelque chose de connu, et le connu est confortable. Mais ça a aussi été libérateur et ça a fait de la place pour une relation intime réelle, durable, solide – dans laquelle je peux être moi-même. Honnêtement, je pensais que j’étais bien avant, sort of… mais maintenant, je vis vraiment la différence, d’être avec quelqu’un qui ne m’épuise pas, avec qui je dois pas jouer un rôle, parce que j’ai beaucoup de place pour être moi-même.

    Ce grand ménage, c’est pas juste faire un tri. C’est SE choisir. 

    5. Un nouvel équilibre

    Après le choc, la boulimie d’information, le retour en arrière et le grand ménage… vient autre chose. Un nouvel équilibre. Enfin, on y aspire. On y travaille.

    Je ne travaillais plus depuis déjà quatre ou cinq ans. J’étais dans un entre-deux, en quête de quelque chose de significatif à faire de ma vie. Je cherchais, à 51 ans, ce que j’allais faire quand j’allais être grande. Le diagnostic a agi comme un révélateur. Il m’a permis de comprendre ce que je ne voulais plus, mais aussi de commencer à entrevoir ce que je pouvais bâtir, à mon rythme, selon mes forces et mes capacités.

    J’ai commencé à faire du bénévolat, sous différentes formes, pour aider d’autres personnes autistes et pour faire avancer la recherche sur l’autisme. C’est là que j’ai trouvé un vrai sens. C’était pas juste “faire quelque chose de bien” : c’était aussi reprendre ma place. Contribuer à quelque chose qui me ressemble. Être utile. Me sentir bien dans une équipe qui m’accepte.

    Petit à petit, j’ai regagné en estime de moi. Je comprends mes limites et j’essaie de les faire respecter. Et, surtout, je suis fière de ce que j’accomplis. Pas parce que je travaille 70 heures par semaines, rien à voir avec la performance de mon travail d’avant. Ma réussite est autre chose, différente.

    Mais ce nouvel équilibre vient aussi avec des pertes. Le démasquage, même si c’est salutaire — parce qu’on arrête de faire semblant, parce qu’on s’épuise moins, parce qu’on apprend à se connaître pour vrai — ça vient aussi avec un prix. Masquer, c’était une stratégie de survie sociale : cacher nos traits autistiques pour se faire accepter, éviter les jugements, garder une job, s’intégrer à une gang, s’assurer d’une vie à peu près stable… au prix, bien souvent, de burn-outs autistiques tous les trois à cinq ans. Des factures payées cher, trop cher, pour juste avoir l’air « fonctionnelle ».

    Quand on arrête de masquer, certaines personnes s’éloignent, ou on réalise qu’elles nous toléraient plus qu’elles nous appréciaient. C’est toff. Faut apprendre à vivre avec une forme de solitude nouvelle, différente. On se demande : jusqu’où je continue à masquer? Est-ce que je m’adapte encore, consciemment, juste assez pour rester connectée? Ou est-ce que je refuse catégoriquement, quitte à me couper du monde? Tout est toujours une question d’équilibre, difficile à trouver.

    Ce sont des questions qui reviennent souvent. J’ai pas toutes les réponses. Mais ce que je découvre avec le temps, c’est que même si certaines connexions disparaissent, d’autres apparaissent. Des liens plus vrais, plus solides, parce que cette fois-ci, c’est moi qui suis là pour vrai. Plus en train de performer, plus en train de deviner ce qu’on attend de moi. Juste moi. Et quand ça clique, avec une autre personne qui me voit vraiment, sans jugement, c’est mille fois plus précieux que n’importe quelle relation basée sur le camouflage.

    Tout est pas parfait, c’est certain. Faut travailler son équilibre à tous les jours. Mais avec le temps, j’ai compris qu’être forte, c’est pas de jamais tomber. C’est de savoir se relever. Et aujourd’hui, quand ça arrive, je sais pourquoi je tombe : par épuisement, par surcharge sensorielle. Et surtout, je sais comment me relever. Je suis mieux outillée.

    Composer avec mon cerveau chat (TSA) et mon cerveau chien (TDAH) demande un ajustement quotidien. Mon chat veut du calme, de la constance, de la prévisibilité. Mais mon cerveau chien s’emmerde. Le chien, lui, veut de la nouveauté, de l’action, du chaos même… et ça, ça épuise totalement mon cerveau chat alors il tire la plug de temps en temps (meltdown ou shutdown). Comme si mon TDAH écrivait des chèques que mon TSA ne pouvait pas encaisser. Alors je navigue là-dedans, je compte mes cuillères (du texte de Christine Miserandino) et je fais des compromis. Et parfois, je me plante. Mais parfois, j’arrive même à les faire s’entendre ces deux-là. Pas toujours. Mais souvent. De plus en plus.

    Conclusion

    Recevoir un diagnostic d’autisme à l’âge adulte, c’est pas une finalité, c’est un commencement, un renouveau. Comme beaucoup partage, y’a un avant et un après diagnostique, y’a définitivement une démarcation dans notre vie, une ligne dans le sable. On est toujours la même personne, mais on est aussi complètement différente. 

    Ça vient avec le soulagement d’enfin se comprendre, de finalement pouvoir lire son propre manuel d’instruction. Et de pouvoir enfin construire une vie qui nous ressemble. Pis aussi de trouver d’autres personnes qui nous comprenne sans juger. Ça, ça a pas de prix. Comme si on trouvait un ti-québécois au Japon… On arrête de camoufler, on retrouve son soi réel. On m’a même dit que j’avais l’air plus autiste depuis que je savais que j’étais autiste… je suis donc sur la bonne voie!

    J’ai écrit ces quelques pages beaucoup plus pour moi qu’autre chose, c’est pas un guide, c’est pas une recette et ça a absolument rien de scientifique… C’est juste une partie de mon cheminement. C’est aussi quelque chose que j’aurais aimé pouvoir lire quand j’ai eu mon diagnostique, pour pouvoir comprendre ce qui se passait, surtout quand les 5 phases s’entrechoquaient dans mon cerveau. Ça m’aurait aidé beaucoup durant la phase de ménage! Je sais que je suis pas la seule qui vit ça et qui en a beaucoup d’autres. C’est sur cette note que je voudrais terminer, on est pas seul et faut se parler, faut s’entraider, y’a personne d’autre qui va le faire à notre place. On commence à s’organiser, c’est ce qui me donne un peu d’espoir chaque jour. 

  • 1-Qu’est ce qui vous a mené vers la démarche d’un diagnostic dans le spectre de l’autisme?

    Témoignage

    François Dionne

    1–2 minutes

    1-Qu’est ce qui vous a mené vers la démarche d’un diagnostic dans le spectre de l’autisme?

    Mon diagnostic m’est venu complètement par surprise. Mon psychiatre m’a fait faire un test et quand j’ai reçu le résultat, surprise!

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  • Témoignage complet sur le processus diagnostic – François Dionne

    Témoignage

    Témoignage complet sur le processus diagnostic
    François Dionne

    1-Qu’est ce qui vous a mené vers la démarche d’un diagnostic dans le spectre de l’autisme?

    Mon diagnostic m’est venu complètement par surprise. Mon psychiatre m’a fait faire un test et quand j’ai reçu le résultat, surprise!

    2-Quelles ont été vos craintes, difficultés et appréhensions durant la démarche de diagnostic?

    Ma réaction a été la surprise. J’avais passé par trois phases. La première: « ah ouin??? » (surprise), suivie de « Ouiiiiin! » (soulagement de voir que ma condition a un nom) et finalement, « ouin! » (acceptance de ma nouvelle identité).

    3-Qu’est-ce qui vous a aidé, soutenu ou supporté durant la démarche de diagnostic?

    Un psychiatre qui me respecte et m’impliquer dans la communauté.

    4-Comment avez-vous obtenu le diagnostic? (Nous acceptons l’auto-diagnostic.)

    Mon psychiatre m’a fait passer un test.

    5-Comment vous sentiez-vous avant, pendant, et après la démarche de diagnostic?

    Ma réaction a été la surprise. J’avais passé par trois phases. La première: « ah ouin??? » (surprise), suivie de « Ouiiiiin! » (soulagement de voir que ma condition a un nom) et finalement, « ouin! » (acceptance de ma nouvelle identité).

    6-Comment décririez-vous l’autisme, qu’elle serait votre définition, votre façon de l’expliquer simplement dans vos mots?

    Être auDHD, c’est comme être l’enfant d’un Vulcain et d’un Klingon. J’ai deux natures opposées que je dois réconcilier pour assurer mon bien-être. Mon coté Vulcain est l’autisme tandis que mon coté Klingon est mon TDAH.

    7-Quelles ont été vos craintes, difficultés et appréhensions après le diagnostic?

    En réalité, je me suis senti soulagé et libéré. Mon ancien diagnostic était la schizophrénie paranoïde. Je l’avais reçu en 1989, quand la science médicale n’était pas aussi avancée. C’était comme si j’avais appris que je suis un zèbre normal au lieu d’un cheval raté.

    8-Qu’est ce qui a manqué durant la démarche, ce que vous auriez eu besoin?

    Des outils pour gérer mon TDAH. J’ai été très organisé durant mon enfance: mon lit était fait à chaque jour et ma chambre était en ordre. Je ne sais pas ce qui est arrivé à l’âge de dix ans mais j’avais désappris mes bonnes habitudes. C’était peut-être le début de mes troubles mentaux. Je suis en train de réapprendre mes bonnes habitudes. J’ai peut-être besoin d’un ergothérapeute qui connait la neurodiversité.

    9-Qu’est-ce qui vous a aidé, soutenu ou suporté durant la démarche de diagnostic?*

    Ma curiosité, mon goût d’apprendre et mon sens de l’auto-critique. J’ai dévelopé une fascination pour ce microcosme qui se trouve entre nos deux oreilles. Je dirais aussi mon sens de l’autonomie. Je crois fermement que la santé est une responsabilité aussi bien individuelle que collective.

    10-Quelles ressources vous ont semblé pertinentes pour vous? Partagez-les avec les utilisateurs! (Organismes, site web, vidéo, livres etc.)

    « The Bullet Journal Method », de Ryder Caroll. Je ne jure que par ce livre. Écrire un journal m’aide grandement à mettre de l’ordre dans mes pensées. Je préfère le papier au lieu des méthodes digitales car écrire à la main fait travailler davantage le cerveau que tapper sur un clavier d’ordinateur ou de téléphone. Le papier ne m’expose pas aux écrans, qui aggravent ma cyberdépendance.

    11-Avez-vous des recommandations pour ceux qui sont en démarche de diagnostic actuellement?

    Je n’ai pas de conseils qui peuvent s’appliquer à tous les autistes, à part un seul: connaissez vous même et faites-vous confiance. Souvenez-vous que les docteurs sont les experts en médecine mais que vous êtes les experts sur vous-même.

    12-Quel message voudriez-vous faire passer aux personnes non-autistes?

    Je m’adresse aux docteurs: traitez vos patients avec respect. Un psychiatre qui me respecte a été la clé de mon rétablissement.

    13-Quel message voudriez-vous faire passer aux personnes autistes, surtout celles qui découvrent ou viennent de découvrir leur autisme?

    Bienvenue à bord. Sentez-vous à l’aise et ne vous gênez pas d’enlever votre masque quand votre environnement le permet. Protégez votre bulle sensorielle et respectez vos limites

    14-Y a-t-il quelque chose que vous aimeriez ajouter ou partager librement, une question pour nous, un détail à ajouter?

    Je travaille présentement sur mon blog. Il est encore en construction mais je vais vous donner l’addresse: https://journalmental.ca .

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  • 13-Quel message voudriez-vous faire passer aux personnes autistes, surtout celles qui découvrent ou viennent de découvrir leur autisme?

    13-Quel message voudriez-vous faire passer aux personnes autistes, surtout celles qui découvrent ou viennent de découvrir leur autisme?

    Témoignage

    13-Quel message voudriez-vous faire passer aux personnes autistes, surtout celles qui découvrent ou viennent de découvrir leur autisme?

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  • 12-Quel message voudriez-vous faire passer aux personnes non-autistes?

    12-Quel message voudriez-vous faire passer aux personnes non-autistes?

    Témoignage

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  • 11-Avez-vous des recommandations pour ceux qui sont en démarche de diagnostic actuellement?

    11-Avez-vous des recommandations pour ceux qui sont en démarche de diagnostic actuellement?

    Témoignage

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  • 10-Quelles ressources vous ont semblé pertinentes pour vous? Partagez-les avec les utilisateurs! (Organismes, site web, vidéo, livres etc.)

    10-Quelles ressources vous ont semblé pertinentes pour vous? Partagez-les avec les utilisateurs! (Organismes, site web, vidéo, livres etc.)

    Témoignage

    10-Quelles ressources vous ont semblé pertinentes pour vous? Partagez-les avec les utilisateurs! (Organismes, site web, vidéo, livres etc.)

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  • 9-Qu’est-ce qui vous a aidé, soutenu ou suporté durant la démarche de diagnostic?

    9-Qu’est-ce qui vous a aidé, soutenu ou suporté durant la démarche de diagnostic?

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    9-Qu’est-ce qui vous a aidé, soutenu ou suporté durant la démarche de diagnostic?

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  • 8-Qu’est ce qui a manqué durant la démarche, ce que vous auriez eu besoin?

    8-Qu’est ce qui a manqué durant la démarche, ce que vous auriez eu besoin?

    Témoignage

    8-Qu’est ce qui a manqué durant la démarche, ce que vous auriez eu besoin?

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  • 7-Quelles ont été vos craintes, difficultés et appréhensions après le diagnostic?

    7-Quelles ont été vos craintes, difficultés et appréhensions après le diagnostic?

    Témoignage

    7-Quelles ont été vos craintes, difficultés et appréhensions après le diagnostic?

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  • 6-Comment décririez-vous l’autisme, qu’elle serait votre définition, votre façon de l’expliquer simplement dans vos mots?

    6-Comment décririez-vous l’autisme, qu’elle serait votre définition, votre façon de l’expliquer simplement dans vos mots?

    Témoignage

    6-Comment décririez-vous l’autisme, qu’elle serait votre définition, votre façon de l’expliquer simplement dans vos mots?

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  • 5-Comment vous sentiez-vous avant, pendant, et après la démarche de diagnostic?

    5-Comment vous sentiez-vous avant, pendant, et après la démarche de diagnostic?

    Témoignage

    5-Comment vous sentiez-vous avant, pendant, et après la démarche de diagnostic?

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  • 4-Comment avez-vous obtenu le diagnostic?

    4-Comment avez-vous obtenu le diagnostic?

    Témoignage

    4-Comment avez-vous obtenu le diagnostic?
    (Nous acceptons l’auto-diagnostic.)

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  • 3-Qu’est-ce qui vous a aidé, soutenu ou supporté durant la démarche de diagnostic?

    3-Qu’est-ce qui vous a aidé, soutenu ou supporté durant la démarche de diagnostic?

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    3-Qu’est-ce qui vous a aidé, soutenu ou supporté durant la démarche de diagnostic?

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  • 2-Quelles ont été vos craintes, difficultés et appréhensions durant la démarche de diagnostic?

    2-Quelles ont été vos craintes, difficultés et appréhensions durant la démarche de diagnostic?

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    2-Quelles ont été vos craintes, difficultés et appréhensions durant la démarche de diagnostic?

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  • 1-Qu’est ce qui vous a mené vers la démarche d’un diagnostic dans le spectre de l’autisme?

    1-Qu’est ce qui vous a mené vers la démarche d’un diagnostic dans le spectre de l’autisme?

    Témoignage

    1-Qu’est ce qui vous a mené vers la démarche d’un diagnostic dans le spectre de l’autisme?

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  • Témoignage complet sur le processus diagnostic – Libridé

    Témoignage complet sur le processus diagnostic – Libridé

    Témoignage complet

    Lire la transcription automatique

    Qu’est-ce qui vous emmené vers la démarche d’un diagnostic du spectre de l’autisme ? Ben en fait, moi il y a plusieurs personnes qui m’avaient déjà mentionné que il y avait des particularité disons, quand j’étais en présence d’enfant autiste, il venait vers moi naturellement, il y avait de l’air à l’aise avec moi, il y en a même qui me faisait des caresses, chose qui est habituellement inusité et plutôt rare. Donc il y a des gens qui m’avaient déjà mis un petit peu la puce à l’oreille. Euh puis moi, ben depuis longtemps, on va dire, je savais qu’il y avait quelque chose qui fonctionnait pas puis disons la la façon dont mon cerveau procédait avait pas de l’air d’être la même autres. Donc, j’avais déduit que j’étais une bébite. Puis là, ben à ce moment-là, c’est une perte d’emploi qui plusieurs pertes d’emploi en fait qui m’ont mené à me dire « Ben, ça serait peut-être le temps d’aller voir pourquoi mon cerveau travaille différemment puis qu’est-ce que je peux faire pour essayer de garder mes jobs en bout de ligne. »

    Quelles ont été vos craintes, difficultés et appréhension durant la démarche ? C’est sûr, j’ai eu peur d’être jugé. Euh je pensais encore à l’autisme classique, on va dire, à l’autisme de personnes qui ont beaucoup plus de difficultés. Euh fait que j’avais quand même de la difficulté à m’identifier à ces personnesl ou à ce type d’autisme là. Fait Asperger sembla un petit peu moins intense, sembla un petit peu plus dans ma ligne si on veut. Euh donc ça a été de voir euh le le visage des gens mentionnant l’autisme de de voir s’il y avait avoir un jugement avec ça et tout. Moi, j’ai comme foncé un peu tête première. Euh je me suis dit si c’est ça, ça sera ça puis au moins j’aurai une réponse. Euh malgré que mes médecins me disaient « Non, tu es pas autiste, c’est pas ça. » Puis il m’orientait plus vers de l’anxiété. J’ai euh c’est ça quand même rencontré quelques embûches de gens qui croyaient pas. Euh mais je me suis dit il faut que j’aille au bout de ça, faut que j’essaie de comprendre. C’est une démarche plus pour moi-même rendue là.

    Qu’est-ce qui vous a aidé, soutenu ou supporté durant la démarche ? Euh en fait ce qui m’a le plus aidé, c’est de commencer des prétextes puis de commencer à entendre des vrais gens en parler. euh qui avait eu aussi des diagnostics adultes ou tardifs. C’est cette mentalité làà qui est venue un petit peu enlever le côté dramatique euh d’un diagnostic quand j’ai vu qu’en bout de ligne ça aidait des gens que ça avait plus l’impression de les libérer de quelque chose, de donner un sens aux difficultés qu’ avait vécu. C’est là que j’ai comme compris que c’est ça que j’avais besoin en bout de ligne. Puis les questionnaires me semblait assez évident aussi. Là, j’étais assez haut dans les les caractéristiques, on va dire. Donc ce que je lisais aussi me réconfortait à savoir, je suis pas le seul à vivre ça. Il y en a d’autres. Il y en a beaucoup d’autres en fait. Puis c’est rassurant de savoir dans une démarche comme ça que c’est pas la fin du monde.

    Euh comment avez-vous obtenu le diagnostic ? Euh dans mon cas, j’ai voulu faire ça assez vite euh parce que je voulais pas attendre. Je voulais que ça reparte un peu une machine puis que je réussisse à me remettre sur pied. Euh fait que dans le fond, j’ai tout de suite fait une démarche auprès de la clinique Asperger de Montréal euh avec le docteur Girou. Euh j’ai eu un retour en janvier puis en avril euh j’avais mon diagnostic. fait que c’est quand même pas très très long comme période. Ça coûte quand même de l’argent mais au moins, j’ai réussi à l’avoir rapidement. Sinon euh ça aurait été long.

    Comment vous sentiriez-vous ? Comment vous sentiez-vous avant, pendant et après le diagnostic ? Euh avant, honnêtement, j’étais assez perdu. J’avais l’impression que j’avais une maladie mentale que personne connaissait puis personne comprenait qu’est-ce que c’était. Euh puis dans le fond, pendant que justement j’étais en attente du diagnostic, que j’avais quand même fait les tests et tout, je me considérais déjà euh comme étant sur le spectre. J’avais vraiment l’impression que c’était ça qui cochait le plus de cause qui ressemble vraiment à ma situation. J’ai j’ai vraiment eu une espèce d’épiphanie en voyant à quel point les questionnaires répondait à des questions puis à des situations hyper précises que personne d’autre comprenait nécessairement. Euh fait que dans le fond pendant je me sentais plutôt rassuré de voir que c’était quelque chose qui existait bel et bien que beaucoup d’autres vivaient euh puis que par la bande ça les avait aidé. à mieux se comprendre puis à mieux fonctionner. C’était surtout ça que je voulais. Puis après le diagnostic euh il y a quand même eu une espèce de déception dans le sens où mon entourage puis tout ça ont pas euh ont pas embarqué entre parenthèse dans l’espèce de vaste monde qui s’ouvrait tout d’un coup. Moi, j’ai voulu découvrir beaucoup, comprendre, essayer de faire un retour en arrière sur ma vie. Puis dans le fond, je je m’attendais à ce que les gens de mon entourage posent beaucoup de questions euh pour essayer de mieux comprendre, pour essayer de voir comment je vivais ça de mon côté et tout. Ça a pas été le cas. Euh fait, ouais, il y a quand même eu une espèce de déception. Puis aussi euh le fait que il y a très peu de reconnaissance en fait euh même si on a un diagnostic, les médecins en général sont pas assez au courant pour que ça change quelque chose dans leur pratique courante si on veut. Euh même chose qu’au employeur, faut souvent faire des démarches de plus si on va avoir des accommodements. Fait concrètement, il y a quand même eu une petite déception euh au niveau de je dirais du monde extérieur, mais de mon côté a été que du bon. Euh ça enfin amené une réponse définitive à beaucoup de questions que je me posais. Tiens, je vais faire un mini check pour être sûr. Ouais, mon enregistrement continue. C’est bon de vérifier des fois juste au cas.

    Donc, comment décririez-vous l’autisme ? Quelle serait votre définition, votre façon de l’expliquer simplement ? J’ai beaucoup beaucoup de façons pendant un bout, je disais des extraterrestres, des bbites qui fitent pas dans société des beaucoup de façons de le dire. Une des récentes que j’ai formulé, c’est « J’ai l’impression d’être un chat euh qui vit dans un monde de chien. J’ai appris à japer comme eux autres puis à gratter les oreilles puis tourner autour de ma queue pour leur montrer que j’éis un chien. » Mais en bout de ligne, je reste quand même un chat qui agit comme un chien. Puis les chiens eux agissent pas comme des chats et font pas l’effort de moller pour moi puis d’être plus doux puis de faire attention puis de puis en tant que chat qui rencontre d’autres chats qui agissent comme des chiens parce qu’on vit dans un monde de chiens. Ben je me pose beaucoup la question pourquoi on suit la meute ultimement ? Pourquoi on fait pas juste être des chats puis vivre comme des chats ? Puis je pense que les chats et les chiens cohabite quand même ensemble. Fait que je pense c’est un peu ce genre d’image là dans mon cas que j’amène pour illustrer qu’est-ce que c’est pour moi être autiste dans ce mondeci.

    Quelles ont été vos craintes, difficultés et appréhension après le diagnostic ? Donc comme je disais un peu tantôt, je pensais que il y avait des dispositions autant gouvernemental, les impôts de l’aide, des accommodements en emploi, que les gens tout d’un coup auraient un espèce de coup de réalisation de mon dieu, j’ai eu un notice toute ma vie dans mon entourage puis je m’en suis jamais rendu compte comment ça, qu’est-ce que c’est, qu’est-ce qui se passe ? Je pensais que ça générerait des étincelles, des changements, un espèce de bouleversement puis que tout le monde commencerait à se rendre compte à quel point il voit pas la vraie personne depuis des années. Là, il y a juste quand je suis tout seul que je suis vraiment moi-même. fait qu’il y a eu beaucoup de de de d’aspiration un peu pas la déception, je dirais quand même de voir qu’il y a pas d’encadrement adulte, qu’il y a pas de ressources, qu’il y a pas disons ce que je m’attendais qu’il aille pour absorber un choc comme ça. Avoir de l’aide psychologique, c’est hyper compliqué, hyper long. puis souvent est pas adéquate. Euh fait que dans le fond beaucoup de difficulté encore une fois avec l’entourage puis commence à pas tant changer leur perception commence à être un peu dur de les convaincre que c’était ça puis qu’en bout de ligne il s’en rendit pas compte parce que je leur montrais pas depuis des années. Je leur montrais ce qu’il voulait voir de moi. Et là tout d’un coup, ben j’aurais espéré qu’il voudrait voir mon vrai côté et ça a pas été ce qui est arrivé. J’ai plus eu un côté réfractaire de ben regarde, tu as été capable jusque là fait que pourquoi tu seras pas capable de continuer à masquer puis à pas nous montrer les petits attraits particuliers que tu as ou les choses étranges qui t’habitent. fait que c’est sûr que il y a quand même eu de la déception puis difficulté au niveau des accommodement qui sont non présents. Là, ça va toujours revenir. Je partout ils disent qu’ils vont accommoder des gens mais en général c’est des handicaps physiques. Dès qu’on arrive avec une condition neurologique ou psychologique, bah c’est pas quelque chose qui les intéresse, c’est pas quelque chose qui est facilement applicable. fait qu’en bout de ligne, on se ramasse pas mal tout seul avec nos problèmes. Euh si j’exclus justement les groupes de support entre personnes autistes, ça euh c’est c’est probablement la seule chose qui qui aide dans tout le processus puis qui est facilement accessible.

    Bon, prochaine question, c’est qu’est-ce qui vous a aidé, soutenu ou supporté après le diagnostic ? Ben moi, dès que j’ai commencé à faire les prétestes euh en ligne, la SP quiz puis des choses comme ça, j’ai tout de suite chercher des ressources puis j’ai vu qu’il y en avait vraiment beaucoup pour les enfants et très peu pour les adultes. Mais j’ai trouvé la maison de l’autisme qui avait justement un groupe de support pour des personnes autistes, par des personnes autistes le soir, la semaine par Zoom. Je me suis ben pourquoi pas essayer. Euh ça m’a pris deux tr semaines à me décider à faire bon ok go on y va. Mais finalement, j’ai été agréablement surpris de voir que les sujets étaient super pertinent, que les la communication se faisait très facilement puis que en bout de ligne, ça répondait simplement à des questions juste en évoquant nos vécus, en évoquant notre expérience sur un sujet, ça répondait déjà beaucoup plus facilement que d’avoir voir à chercher puis à fouiller partout. Euh donc ça m’a beaucoup beaucoup aidé durant la démarche. Euh, j’ai aussi fouillé internet, aller voir des des YouTubers puis des gens qui faisaient des vidéos, des capsules Autism from the inside, des trucs comme ça qui expliquent som tout bien de façon assez décortiquée des phénomènes euh qu’on peut justement absorber plus lentement puis après essayer d’avoir une réflexion sur quel impact ça a dans notre cas à nous. Euh fait que ça m’a quand même aidé pas mal à cheminer. Mais c’est clair que d’avoir la rencontre heb abdomadaire avec un sujet pertinent parce que c’est nous qui décidions le sujet, c’est vraiment ça qui m’a donné le meilleur coup de pouce euh pour comprendre, dédramatiser puis essayer d’appréhender un monde où je pouvais avoir des acquis comme ça puis les expliquer puis que les autres en prennent compte puis que les autres deviennent un petit peu conscient euh de mes particularités puis de ma situation.

    Qu’est-ce qui a manqué durant la démarche ? Ce que vous auriez eu besoin euh en fait ben les ressources sont plutôt rares pour les adultes. Euh il y en a vraiment pas beaucoup. il y en a la plus grande majorité, ils sont toutes axés sur les enfants euh où ils sont complètes, où ils sont euh des plus petites ressources. Fait au public, j’avais l’impression que si je voulais un diagnostic, ça m’aurait pris 2 3 4 ans là, que ça que c’était pas la priorité de personne en bout de ligne là de m’aider à comprendre qui j’étais. Puis c’est un bout qui m’a vraiment accroché parce que si j’avais une pierre au rein ou un cancer quelconque, on n’hésiterait pas à essayer de me diagnostiquer puis de trouver rapidement qu’est-ce que j’ai à me faire passer les tests adéquats et tout. Mais dans le cas d’une condition neurologique qui affecte toute notre vie, ben ça c’est pas une priorité pour personne. Puis pour en faire une priorité, ben il faut payer. Ça ça m’a quand même vraiment déçu. Je me je m’attendais à ce qu’il y ait minimalement quelque chose. Puis en bout de ligne, je me suis rendu compte que non, c’était comme un côté que la société avait complètement abandonné. Il aurait fallu que en fait, je prends un peu l’exemple souvent là, mais si je dis un médecin que j’ai des idées noires, je vais avoir un traitement instantané, je vais avoir un suivi, je vais avoir de la médication, je vais avoir Mais si je dis à quelqu’un que mon cerveau est tout bousillé, j’ai l’impression qu’il fonctionne tout croche, que je me comprends pas moi-même, que je pense que je tisse, bah il y a des chances que sa réaction ça soit bien non, ça se peut pas comme dans mon cas. fait que c’est quelque chose que j’ai trouvé un peu triste de nier ce que les gens semblent sentir juste parce que dans notre tête ça fit pas le profil de ce que nous on pense que c’est l’autisme. Ça a tellement de formes, c’est tellement un large spectre, un spectre qu’il faut juste accepter quand quelqu’un dit je pense que je suis ça. Ben ok, explique-moi pourquoi ça va peut-être être un meilleur départ que de juste faire non, moi je pense pas que ce que j’aurais eu de besoin euh non, ça je l’ai quand même eu avec le groupe. J’aurais eu besoin que mon entourage supporte un peu plus la démarche. Il y en a qui m’ont aidé, il y en a qui est incrédule. J’aurais aimé, c’est sûr, que tout le monde fasse « Ah, c’est pour ça que tu as des petites affaires weird qu’on comprend pas. » Mais bon, la famille des fois ça rend pas compte que c’est des particularités parce que pour eux on est comme ça puis c’est tout puis il nous acceptent comme ça. C’est juste que le jour où on leur montre qu’on cache beaucoup de choses, bah là ils comprennent plus trop qu’est-ce qui se passe. C’est un peu pour ça que le diagnostic peut aider quand même à expliquer euh c’est quoi masqué entre autres puis les burn burnout shutdown, les puisements, les ref tout toutes les phénomènes autistes en bout de ligne.

    Quelles ressources vous ont semblé pertinentes pour vous ? Partagez-les avec nous. Euh ben comme je l’ai dit un peu, il y a des plusieurs ressources YouTube vidéos, des gens qui expliquent euh ce qui ont vécu, ce que d’autres ont vécu, qui font des recoupements. Euh ça ça m’a vraiment aidé à mettre le doigt sur des phénomènes puis à départager aussi le fait que j’ai un TDAH aussi avec l’autisme. Les deux se battent un petit peu ensemble. fait que des fois euh quelqu’un aurait pu dire que j’avais de l’autisme, mais le TDA je venais faire en sorte que je continuais à disons rester dans une situation inconfortable ou à vouloir. Les deux se battent ensemble. Fait que ça c’est sûr que ça m’a aidé beaucoup beaucoup de départager qu’est-ce qui est quoi puis à quel point ça complexifie les comorbidités puis toutes les situations qu’ peut avoir autour. Euh dans mon cas, c’est ça les intérêts spécifiques. Ben bon, c’est entre autres les ballons est un intérêt vraiment particulier qui a de l’air enfantin qui fit pas vraiment dans le décor d’un adulte fait je l’avais toujours caché en fait. Donc il y a pas personne qui sentait c’était quoi mon intérêt spécifique. Puis en tant qu’iste, c’est dramatique si on veut de pas pouvoir m’exprimer là-dessus, de pas pouvoir parler de mon intérêt spécifique parce que je trouvais que c’était honteux d’aimer des jouets pour enfants. fait des fois c’est ça, on se met des espèces de couches de trop qui font en sorte qu’on qu’on travaille encore plus dans le bar puis que la vie est encore plus compliquée puis que on vit encore moins bien avec ce qu’on est. fait de sentir qu’il y a des gens qui réussissaient à parler vraiment de leur vécu puis de leur particularités aussi étrange que ça puisse être. Ça a libéré beaucoup de ce côté-là. Ça m’a permis de dédramatiser là puis de de faire en sorte que je pouvais en parler à quelqu’un que je connaissais pas. Mais j’avais des façons de l’expliquer au lieu de dire ben moi j’ai j’aime ça les ballons j’aime ça qu’il en a chez nous. Ça ça fait tout le temps un peu bizarre pour quelqu’un de 40 ans là.

    C’est-vous des recommandations pour ceux qui sont en démarche actuellement ? Euh oui euh beaucoup. C’est ce que je recommanderais, c’est vraiment euh d’y aller par étape, de pas foncer puis d’essayer de tout manger d’un coup. Il y a un phénomène qui s’apparente quand même au deuil euh qui est quand même documenté là puis qu’ a des ressources disponibles sur le le site pour référencer mais qui explique que on passe vraiment par des étapes d’acceptation, de colère, de déni puis là la révélation et l’exercice le plus difficile ou lourd ou complexe ou l’onte tout dépendant de quel âge on a, c’est le retour en arrière, c’est de revoir notre vie sous la perspective du spectre et de ce qu’on sait maintenant. Puis ça change beaucoup de choses. Ça amène une perception vraiment différente. enlève beaucoup de honte, de poids sur qu’est-ce qu’on sentait, qu’est-ce qu’on vivait, qu’on s’autorisait peut-être pas à vivre ou à sentir ou des phénomènes d’épuisement qu’on a jamais compris, des tout plein de particularités qu’on a que tout d’un coup on fait « Ah oui, là je comprends. compréhension est vraiment vraiment importante de de notre passé pour comprendre un peu mieux comment cheminer maintenant, comment changer nos interactions avec les gens autour de nous, comment décider si on veut dévoiler ou non, continuer de masquer ou non. Après, il y a des prises de décisions à prendre qui sont quand même importantes. Euh fait que je pense que d’y aller par étape, d’avoir euh une ressource, que ce soit le site, que ce soit des gens, que ce soit un groupe, peu importe, mais de pouvoir au moins discuter, en parler avec des personnes neurodivergentes. Le discours est complètement différent. Il y a pas de jugement. Euh limite, on va trouver ça un peu cocasse, mais souvent on va plus se reconnaître que d’autres choses dans la situation cocasse. Euh fait que il y a vraiment une couche de difficulté qui s’enlève quand on commence à parler avec des gens qui nous ressemblent. Puis tout d’un coup, ça devient sain de comprendre des phénomènes, ça devient intéressant, ça devient enrichissant. Puis on se rend compte que le spectre est large mais que les recoupements sont quand même nombreux là entre les personnes TSA même de tous les niveaux là pour avoir côtoyé des personnes non verbales des choses comme ça. Moi je comprenais quand même qu’est-ce qu’il voulait dire mais leurs parents avaient de la misère à comprendre. fait que je me dis s’ils grandissent toute leur vie comme ça, c’est clair que ça devient hyper compliqué. Puis là, je rapporte ça à moi puis je fais ben oui, c’est ça que j’ai fait toute ma vie. J’ai grandi avec du monde qui parlait pas comme moi et c’était extrêmement compliqué. fait que moi je réussis à parler ce qui est déjà énorme. Je me dis ma vie a été complexe quand même. Fait que parler avec les pères, parler avec des gens qui nous ressemblent, ça change vraiment beaucoup euh notre perception. puis écouter aussi des euh des témoignages puis ce que les gens ont vécu. Euh euh si j’ai des choses à ajouter euh donnez-moi une petite seconde parce que je crois que j’avais ajouté deux trois petites questions que j’ai pas dans mon petit document ici.

    Euh, quel message aimerais-tu faire passer aux personnes non autistes ? Euh, essayez d’écouter. Essayez beaucoup d’écouter avec aucune appréhension, pas avec une idée préconçue de c’est évident que voyons, tu sais que voyons c’est faisable, c’est repartez de zéro comme si vous adressiez vraiment une nouvelle personne quand elle vous parle de son diagnostic puis de ses particularités. Parce que souvent si vous le saviez pas, c’est qu’elle vous l’a caché. Le masquage sert à ça, à montrer les bouts qu’on veut montrer parce que le reste implique trop de questionnement, implique trop de confrontation, explique implique trop de gens qui comprennent pas qu’est-ce qu’on veut, qu’on peut qu’on ne serait-ce que les stim puis c’est dur de dire à quelqu’un à partir de maintenant si je fais des mouvements incongrus, ignorles. C’est juste une façon pour moi de me dégager du stress puis de me sentir mieux. Mais si tu les soulignes puis que tu m’en parles puis que tu me poses des questions à chaque fois, ça marchera pas. Je vais juste arrêter de les faire. Donc je vais me sentir mal. Ça va empirer ma situation. Donc essayez d’avoir une ouverture euh neutre. Euh essayer d’enlever le jugement de justement ça devrait pas être compliqué ça. On on vit des situations vraiment particulières qui sont des fois inexplicables euh jusqu’àattant qu’on ait les mots pour vraiment décortiquer. fait nous-même on juge déjà beaucoup depuis des années à se trouver poche, nulle, incapable puis pas d’énergie, pas le goût de voir du monde à être pris dans de l’inertie. Si au moment où on s’ouvre puis on commence à expliquer aux gens notre situation, les gens sont réfractaires puis à moindrissent notre vécu, ça devient encore plus compliqué puis ça nous fait abandonner. Il y a des gens à qui ont fait « Bon, je vais juste continuer de masquer puis euh ça l’intéresse pas de connaître qui je suis vraiment. Limite, je va peut-être juste m’en détacher puis ça va finir là. Là, euh je compare ça un petit peu à un coming out euh de dévoiler justement notre situation. Puis si les gens réagissent mal à un coming out euh gay, ben c’est la même chose avec un coming out autiste. Ça peut être aussi traumatisant de se faire dire ben non, toi tu es pas autiste. C’est aussi chiant euh et c’est aussi blessant que qu’un qu’un coming out comme personne de la diversité là comme j’ai eu à faire aussi dans ma vie aux personnes autistes surtout celles qui découvrent et viennent de découvrir leur autisme. Ça revient un petit peu aux recommandations pour ceux qui sont en démarche actuellement. Peut-être que je vais enlever cette question-là. Donc vous pouvez peut-être l’ignorer. Euh mais je veux quand même y répondre vite vite. Euh je voudrais dire aux personnes en processus ou qui viennent d’avoir un diagnostic que c’est une bonne chose. Déjà ça nous permet de mieux savoir qui on est, de cerner des particularités, de comprendre des comportements, de comprendre des choses qu’on contrôle pas. souvent euh puis ça change complètement la dynamique. Euh je dirais qu’avant sans dire que j’étais vraiment dépressif tout le temps, j’avais une espèce de de pression sous-jacente à me dire je suis pas assez bon, je suis pas suffisant. Ça m’a poussé à faire plein de choses étranges que je sais pas si j’aurais fait autrement. Fait que c’est pas nécessairement mauvais. Mais là, je suis un petit peu plus en paix avec ce que je suis. Puis j’assume un peu plus euh ma différence puis à quel point c’est pas la fin du monde si je pars plutôt d’un soirée, d’un événement, c’est pas la fin du monde si j’y veux juste pas. C’est correct de s’écouter, c’est correct de pas dépasser nos limites. C’est correct de savoir qui on est puis de s’affirmer là-dedans, que ça intéresse les autres ou non. Rendu là, ça nous regarde plus. Mais au moins, nous on a nos réponses puis ça nous situe un peu mieux dans qu’est-ce qu’on veut faire avec ça dans l’avenir.

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