Catégorie : Traits autistiques

  • Le renard à 2 maisons

    Le renard à 2 maisons

    Le renard à 2 maisons

    11–16 minutes

    Par Éric Lambretch

    Je suis né avec un cerveau qui ne marche pas en ligne droite.
Je suis né avec une forêt dans la tête.

    Chez les autres, les idées font une route. Chez moi, elles font des sentiers. Elles bifurquent, se recoupent, se répondent. Une pensée en appelle une autre, comme un renard suit des traces dans la neige : pas seulement celles qu’il voit, mais celles qu’il devine. Et très tôt, j’ai compris que cette forêt-là, magnifique, allait aussi me coûter cher — parce qu’on vit dans un monde construit pour les routes.

    À l’école, je n’étais pas forcément “mauvais”. J’étais… décalé.
Les lettres pouvaient glisser, les mots se mélanger, l’orthographe se rebeller. Je pouvais comprendre un concept d’un seul coup… et buter sur une consigne simple. On me jugeait sur le résultat, rarement sur l’effort invisible. On ne voyait pas le sac à dos de pierres. Alors je me suis mis à compenser. À forcer. À ruser.

    C’est là que le renard naît : dans l’obligation de trouver un passage quand la porte est trop étroite.

    Je grandissais avec une faim particulière : une faim de cohérence.
Quand les gens parlaient en sous-entendus, je cherchais le sens exact. Quand une phrase avait deux lectures, je les entendais toutes les deux. J’étais lent là où d’autres étaient spontanés. Et rapide là où d’autres étaient lents. Un drôle de rythme. Un rythme qui fait que, parfois, on te prend pour distant alors que tu es juste en train de traduire le monde.

    Mais dans l’enfance, malgré les heurts, il y avait encore une lumière simple.
Il y avait des soirs où je me couchais avec une joie calme : demain, je me réveille.
 Pas “je survis”. Non. Je me réveille parce qu’il y a quelque chose à vivre. Un moment attendu. Un détail banal. Une petite promesse. Et je me réveillais parfois avec le sourire, ce sourire d’innocence où la journée est un terrain de jeu plutôt qu’un champ de bataille.

    C’était une richesse silencieuse. Une richesse que je n’ai comprise qu’après l’avoir perdue.

    La première tanière : l’amour qui te voit… puis te déforme

    Plus tard, j’ai croisé quelqu’un qui semblait en souffrance. Et moi, j’avais appris très tôt ce réflexe dangereux : confondre la douleur avec l’innocence.
J’ai voulu aider. Accueillir. Protéger.

    Au début, c’était un printemps trop parfait.
 On me disait les mots que je n’avais pas assez entendus. On me renvoyait une image de moi où mon intensité devenait une qualité. Mon esprit arborescent devenait une preuve de profondeur. Je me suis laissé croire que j’avais enfin trouvé une place où être entier.

    Puis, sans bruit, le printemps s’est mis à geler.
 Pas d’un coup. Par étapes.
Une humeur qui change. Un silence qui pique. Une phrase qui te fait douter. Une accusation sans forme. Une injonction contradictoire : “Approche” et “tu m’étouffes”. “Aime-moi” et “tu me fais peur”. “Sois toi” et “pas comme ça”.

    Je demandais des explications. On m’en donnait de flou.
 Et le flou, pour un renard, c’est du poison. Le renard a besoin de repères. Le renard survit grâce à la carte. Et là, la carte changeait sans prévenir.

    Alors je faisais ce que je sais faire : je cherchais la cohérence.
 Je pensais : si j’explique mieux, si je fais mieux, si je deviens plus calme, plus parfait, plus solide… ça reviendra. Et parfois, ça revenait. La lune de miel redémarrait comme un feu qu’on rallume juste assez pour que tu n’oses pas partir.

    Pendant que je cherchais la logique, la forêt autour de moi se vidait.
 Les amis s’éloignaient. Pas forcément par rejet, mais parce que “c’est compliqué”. Les sorties devenaient empoisonnées, puis rares, puis impossibles. Et comme j’avais toujours eu besoin de solitude, l’isolement s’est déguisé en choix.

    Je travaillais, je rentrais, je me lavais, je faisais le souper parfois, puis je me réfugiais dans mes passions.
 Ce n’était pas de la paresse.
 C’était une tanière mentale : un endroit où le monde ne pouvait pas tordre mes mots.

    Et c’est là que l’emprise gagne : quand tu n’as plus de témoins, et que tu commences à douter de ta propre perception.

    Le nœud : quand la réalité devient une arme

    Un jour, je me suis rendu compte que ce n’était pas un conflit.
 C’était une mécanique.

    Quand je posais une limite, elle se retournait contre moi.
 Quand je me défendais, on disait que je prouvais ma culpabilité.
 Quand je fuyais, on disait que je confirmais.
 Et quand je voulais partir, il y avait ce verrou : des menaces, des scénarios, des renversements possibles. La peur de la police. La peur d’un récit fabriqué qui, lui, passerait mieux que ma vérité arborescente.

    Je n’avais plus peur d’être violent. 
J’avais peur d’être accusé.

    C’est une peur qui ne dort pas. Elle s’installe sous la peau.

    Le fils : le cœur devient une cible

    Puis un enfant est né.
Et là, je n’étais plus seulement un homme. J’étais un père.

    Avec un enfant, tout ce qui était déjà lourd devient sacré.
 Tu te mets à porter ton rôle comme un talisman : je dois être présent, stable, irréprochable. Je coupe tout ce qui peut servir contre moi. Je vais chercher de l’aide. Je nettoie mon existence pour que personne ne puisse dire : “voilà la faille”.

    Mais dans les mondes d’emprise, tes efforts deviennent des poignées.
 Tu prouves, tu te justifies, tu t’épuises. Et tu te crois responsable de réparer une maison dont l’autre personne change les fondations.

    Je finis par partir.
 Et la séparation n’a pas été une porte. Ça a été une montagne.

    Dossiers, délais, procédures, mots exacts, codes implicites.
 Pour un cerveau TDAH/dys, c’est comme escalader avec des doigts gelés.
 Tu sais grimper, oui… mais chaque prise te coûte.

    La première maison après la fuite : acheter un toit pour protéger un lien

    Après avoir quitté la relation toxique, j’ai essayé de me reconstruire.
J’ai acheté une maison. Une maison pas seulement pour vivre : pour tenir. Pour avoir un lieu où mon fils aurait une place, où je pourrais redevenir stable.

    Mais la mécanique n’était pas finie.
 Les mêmes éléments ont refait surface : l’épuisement, les démarches, les pièges administratifs, les mauvaises interprétations.
 Je suis tombé. Burnout. Chute.

    Je suis allé chercher de l’aide — encore. 
Et là, autre forêt : assurances, formulaires, diagnostics.
Le système qui devrait te tendre une main te demande d’abord de prouver que tu mérites d’être aidé. Et si tu tombes sur la mauvaise étiquette, tu ne reçois pas l’aide adaptée : tu reçois un miroir déformant. Tu te retrouves piégé dans un récit médical qui ne te ressemble pas.

    Et moi, je savais : ce diagnostic-là était mal fait.
 Mais j’étais trop épuisé pour me battre contre un système, en plus de tout le reste.

    La première maison, je l’ai perdue.
Pas seulement un bâtiment : un refuge. Une promesse. Une tentative d’avenir.

    Je me suis relevé pendant deux ans.
 Deux ans à ramasser des morceaux, à recoller l’énergie, à retrouver un semblant de sol sous les pieds.
Deux ans où tu avances comme on avance après une tempête : pas en confiance, mais en vérifiant chaque pas.

    La deuxième rencontre : un lien qui ne s’attaque pas à ton âme

    Après ces deux ans, je me suis rouvert à l’idée d’aimer.
 Et j’ai rencontré ma conjointe actuelle.

    Avec elle, c’était différent.
Pas parfait, pas magique — différent. 
Il y avait une présence. Une continuité. Une réalité qui ne se renverse pas pour te punir. Une façon d’être ensemble qui ne te demande pas de te nier pour avoir la paix.

    Les années passent. Et un jour, la possibilité revient : retourner dans la région. 
Se rapprocher. Rebâtir. Offrir à mon fils un lieu, une stabilité, un territoire.

    Alors j’ai fait ce que je fais depuis toujours : j’ai bâti.
Cette fois, pas “acheter” un refuge.
 Le construire.

    La deuxième maison, je l’ai construite entièrement de mes mains, d’A à Z.
 Chaque planche, chaque vis, chaque coupe : c’était plus qu’un geste. 
C’était une déclaration silencieuse : je peux encore créer, je peux encore tenir debout, je peux encore offrir un endroit stable.

    Dans cette maison-là, il y avait toute ma volonté de réparer le monde.
Il y avait la preuve concrète que je n’étais pas seulement en train de survivre : j’étais en train de redevenir vivant.

    Et pourtant… même celle-là, je l’ai perdue.
 Je ne l’ai pas perdue comme on perd un objet.
 Je l’ai perdue parce que la vie m’y a forcé : épuisement, pression, chute, circonstances, et la nécessité de vendre.

    Deux tanières. Deux fois arraché.
 Deux fois l’effort immense, et la réalité qui te dit : “non”.

    La bascule finale : l’enfant devient une porte fermée

    Entre-temps, j’ai gagné une garde partagée au tribunal — une évidence que le juge lui-même trouvait absurde d’avoir dû trancher.
 Une victoire, oui.
 Mais l’emprise, quand elle ne peut plus gagner sur le papier, peut chercher à gagner dans l’air, dans la perception, dans le lien.

    Et un jour, j’ai compris l’horreur lente : mon fils avait été aliéné.
 Pendant des années, un récit s’était construit. Un poison sans preuve directe. Un travail de sape. Et moi, je ne savais même pas ce qui avait été dit.

    Je ne pouvais pas me défendre contre une histoire dont je ne connaissais pas les phrases.
 Je ne pouvais pas réparer un lien dont on avait miné les fondations en secret.

    Quand mon fils s’est éloigné, ce n’est pas seulement lui que j’ai perdu.
 C’est une part de moi que j’avais construite autour de lui : mon rôle, mon cœur, mon futur.

    Aujourd’hui : le deuil de la banalité

    Et c’est ici qu’arrive le paradoxe le plus cruel.

    Aujourd’hui, il y a des choses que les gens trouvent banales — et qui, pour moi, sont devenues des tragédies silencieuses.
 Par exemple : se coucher le soir avec la joie simple de se réveiller le lendemain. 
Se réveiller avec le sourire, avec cette innocence qui dit : “aujourd’hui, je vis.”

    Parfois, je repense à l’enfant que j’étais, à ces soirs-là.
 Et je pleure. Je ne peux pas m’en empêcher.
Parce que je réalise depuis combien d’années je n’ai pas ressenti cette sensation.
 Combien de temps ça fait que je ne me réveille plus avec cette douceur-là.
 Comme si une partie de l’humanité simple m’avait été retirée petit morceau par petit morceau, jusqu’à disparaître.

    Et je me dis : même si demain j’obtiens justice…
 même si quelqu’un écrit noir sur blanc que j’avais raison…
 même si on reconnaît tout, toutes les injustices, tous les abus, toutes les erreurs…
rien ne rachètera ce que j’ai perdu.

    Parce que ce qui m’a été volé, ce n’est pas seulement de l’argent, une maison, ou du temps.
 C’est une forme d’innocence.
 C’est la banalité du matin léger.
 C’est le droit d’être un humain qui se réveille sans armure.

    Les autres appellent ça “normal”.
 Moi, aujourd’hui, je sais que c’était un trésor.

    Le renard, quand même

    Et pourtant… je suis encore là.

    Je suis un renard qui a appris trop de choses sur les pièges. 
Un renard qui sait que certains sourires cachent des mâchoires.
 Un renard qui a dû devenir son propre avocat, son propre archiviste, son propre traducteur entre son monde et celui des autres.

    Alors je bâtis autrement :
des textes, des dossiers, des structures, des idées.
Une IA comme chaise roulante cognitive, privée, légère, qui m’aide à parler à “l’autre espèce”.
 Le Camp des Renards Créateurs, comme une tanière collective où nos cerveaux hors gabarit ne seront plus traités comme des anomalies, mais comme des vies à respecter.

    Je ne dis pas que je vais bien.
 Je dis que je refuse de laisser l’histoire finir sur l’image qu’on a essayé de coller sur moi.

    Et si je pleure en pensant à l’enfant qui se réveillait avec le sourire…
 ce n’est pas parce que je suis faible.

    C’est parce que je sais exactement la valeur de ce que j’ai perdu.

    Et quelque part, sous les couches d’armure, il reste une braise :
la preuve que cette joie-là a existé. 
Donc la preuve qu’elle pourrait, un jour, revenir.

    Même si ça commence par un matin minuscule.

    Une braise d’espoir protégée par l’armure d’un renard qui n’a jamais voulu en porter.

    L’âme vampiriser

    Ce soir-là, j’ai croisé tes yeux, profonds comme des abîmes insondables. J’y ai vu un éclat, une promesse de vérité, un regard qui semblait porter l’univers. Mais les années, dans leur lente et inexorable procession, m’ont dévoilé l’illusion : ce n’était qu’un mirage, une ombre dansante sur le mur d’une caverne que je prenais pour la lumière. Ce regard m’a englouti, non pas par sa profondeur, mais par sa voracité. Tu m’as tout pris, toi, avec une habileté froide, profitant de ma foi naïve en un lien qui n’existait que dans mon esprit. Pendant des années, tu as pillé mes jours, et cet enfant, ce garçon magnifique que tu as façonné, tu le tiens aujourd’hui en otage, un pion dans ton jeu cruel pour garder sur moi une emprise que je refusais de nommer.

    Pourtant, ce que tu m’as arraché, je peux le rebâtir. Les ruines ne m’effraient pas ; elles sont le terreau d’une liberté que tu ne comprendras jamais. Toi, tu resteras vide, condamné par une blessure ancienne, un écho d’enfance que tu as choisi de fuir sur un chemin stérile. Tu as pris la voie de la matière, lourde, abyssale, semblable à un trou noir qui dévore tout sans jamais se rassasier. Tu t’es coupé de tes émotions, de cette énergie qui pulse dans l’âme humaine, et dans ton désert intérieur, tu ne trouves de joie qu’en détruisant l’autre, en aspirant leur lumière pour combler un néant que tu refuses de voir. Oui, je t’ai percé à jour. Tu es piégé, non par moi, mais par toi-même. Te reconnecter à ce que tu as fui te placerait face à un miroir implacable, et cette vérité – celle de ce que tu es devenu – te serait insoutenable. Alors tu te réfugies dans le déni, dans une nouvelle amputation de ton être, et moi, je te vois enfin tel que tu es : une matière sans conscience, un vampire de chair et d’orgueil.

    Et dire que tu admirais cette idée d’immortalité, fasciné par ces bêtes de légende, avec une envie malsaine de défier le temps ! Peut-être voulais-tu ainsi saisir ce qui t’échappe à jamais : les émotions, ces fils invisibles qui nous relient à l’univers, qui nous donnent un sens au milieu de l’absurde. Moi, je me demandais si l’immortalité était une énergie, une transcendance ; toi, tu ne voyais que ton corps, ton apparence, cette prison de matière que tu chéris. Et mon garçon, cet être que j’aime d’un amour qui me déchire, je l’ai abandonné sur l’autel de mes propres peurs, terrifié à l’idée de subir encore ton emprise vampirique. Cette souffrance, cette impuissance face à mes silences, me hantera, je le crains, jusqu’à mon dernier souffle.

    Mais lui, il est comme moi. Il porte en lui cette force de se relever, de reconstruire sur les décombres, s’il parvient à se libérer de tes chaînes toxiques. Je serai là, présent, inébranlable. Je savais que tu reviendrais, spectre tenace de mon passé. Et toi, mon garçon, longtemps    j’ai attendu dans l’angoisse, mais aujourd’hui, je veux t’offrir autre chose : un amour sans emprise, une écoute sans jugement, la liberté d’être toi, et ma fierté de te savoir à mes côtés. Tu peux tout rebâtir, pour toi, pour ce que tu aimeras dans cette vie absurde et magnifique. Je n’ai pas de dessein tracé pour toi, mais je serai là, toujours, avec une honnêteté brute et une compassion sincère pour tes blessures, quelles qu’elles soient.

     Je t’aime, mon garçon.

    D’un père qui n’a pas pu en être un. Et d’un renard qui n’a jamais voulu porter d’armure.

  • Le nouveau site est lancé

    Le nouveau site est lancé

    Ce site est maintenant entre vos mains!

    4–6 minutes

    Par Libridé, producteur principal du site web

    Grâce au programme PSOP du Gouvernement du Québec, un grand projet a été mis en marche il y a environ un an pour donner une nouvelle vie à la Maison de l’autisme sur le web. L’expérience vécue étant une priorité dans l’orientation de l’organisme, le projet a été confié en majorité à des personnes autistes, dont moi! J’ai débuté sur le comité de mise en œuvre du projet à titre de bénévole pour amener mon expérience dans le domaine. J’en suis finalement devenu le chef de projet quand l’équipe a constaté que je connaissais bien le sujet et que j’avais la capacité d’exécuter nos idées.

    Comme j’ai eu mon diagnostic tardivement, j’ai eu une vie professionnelle très éparpillée et par la bande, je suis devenu un touche-à-tout assez efficace. J’adore apprendre et comprendre et j’ai grandi pendant l’apparition d’internet. J’ai donc instinctivement voulu savoir comment ça fonctionnait et ça m’a servi des années plus tard de façon professionnelle. Je suis autodidacte et j’en suis fier! Mon merveilleux combo AuDHD (autisme et TDAH) m’a amené à avoir de multiples intérêts spécifiques qui m’ont fait acquérir un tas de connaissances, souvent inutiles en apparence. Je me suis vite rendu compte que cette curiosité pouvait être récompensée dans les milieux professionnels car on devient essentiel au bon fonctionnement quand on s’avère être le seul qui sait réellement comment fonctionne les choses qu’on utilise au travail; un sauveur discret au quotidien.

    Le contrecoup, c’est qu’en absence de diagnostic, j’ai simplement chercher à faire comme tout le monde et j’ai vite atteint mes limites. Je me suis brûlé à plusieurs reprises à travers le chaos de mes emplois disparates qui ne me convenaient pas vraiment sans trop comprendre pourquoi car j’étais souvent surcompétent. Ma perspective abruptement réaliste n’est pas bien perçue en général et peu d’employeurs en ont tiré profit. Les épisodes de burn-out, de dépression et de découragement s’enchainaient de plus en plus rapidement et j’en paie aujourd’hui le prix.
    C’est donc encore plus gratifiant quand sa valeur refait surface lentement à travers un projet qui me ressemble vraiment. Sentir qu’on croit en mes capacités sans même regarder mon C.V. pour mener un projet d’envergure et qu’en plus on a besoin de mon regard différent dans le processus… ça m’a réellement mis en confiance.

    Je n’avais jamais fait un tel travail de A à Z sur un site web où je jouais plusieurs rôles (producteur, mise en ligne, conception, intégration visuelle, adaptation du contenu etc.). Heureusement, la grande majorité du contenu a été créé par l’équipe (Ève-Marie Beaudoin, Elizabeth Dion, Mourad Rhanem, François Dionne, Yann Lafleur, Jean-Pierre Trzcinski et bien sur Rosemary Maratta) et la charte graphique était définie par Paul Geiben. Il fallait seulement un chef d’orchestre pour que tout s’assemble de façon harmonieuse…

    Et c’est fait !

    …mais nous avons besoin de vous!

    Ayant eu recours moi-même au précieux groupes de soutien, j’étais le premier à vouloir un nouveau site web pour un organisme qui mérite beaucoup plus de visibilité!. Un look simplifié et efficace. Des ressources dirigées vers les gens qui en ont besoin. Des systèmes pour alléger la tâches des bénévoles. Une plateforme ouverte qui nous amène plein de nouvelles possibilités!
    Nous avons refait le tout en ayant toujours les personnes autistes en tête. Et leur entourage bein… il vont enfin voir de quoi une gang d’autistes sont capable quand ils se mettent ensemble!

    Notre but est de fournir un nouveau portail pensé par et pour des personnes autistes avec des diagnostics tardifs et pour leur entourage. Nous voulons fournir des témoignages, des blogues et des ressources qui aident nos pairs à naviguer à travers le processus souvent ardu vers la découverte de soi-même à travers le spectre de l’autisme.

    Nous voulons que se soit interactif !

    À terme, nous souhaitons que cet espace soit pris d’assaut par tous ceux qui se sentent concernés pour que votre parole s’ajoute à la nôtre. Voici des exemples de ce que nous avons en tête:

    Ce que nous voulons ajouter:

    • La capacité d’interagir avec le contenu pour commenter, pour communiquer avec les auteurs ou ajouter votre contribution
    • Un portail d’usager qui vous permettrait de voir rapidement vos contenus préférés, vos communications avec d’autres personnes ou avoir des informations sur votre inscription à nos services
    • Un espace pour échanger entre nous; discussions, rencontre, activités aide mutuelle ou coup de pouce sporadique…
    • Une ouverture à écouter et mettre en branle vos idées car votre voix compte!

    Pour que vous puissiez voir une partie du travail caché qui doit être fait pour le site web, voici un vidéo en accélérée de l’adaptation graphique des illustrations avec les couleurs du site. Très satisfaisant à regarder même si c’est moi qui l’ai fait 😉

    Libridé – Conception et production

    Coordonatrice pour le programme PSOP : Ève-Marie Beaudoin

    Comité de production : Ève-Marie Beaudoin, Elizabeth Dion, Mourad Rhanem, François Dionne, Yann Lafleur, Jean-Pierre Trzcinski et Rosemary Maratta.

    Paul Geiben – Image de marque de la Maison de l’autisme

    Bad company – Illustrateurs basé en Ukraine

  • Comment je garde ma politico-anxiété in check

    Comment je garde ma politico-anxiété in check

    Comment je garde ma politico-anxiété in check

    4–5 minutes

    Par Wevito

    Comment je garde ma politico-anxiété in check

    Étant autiste, y’a plein de choses qui m’angoissent. L’éco-anxiété touche plusieurs d’entre nous. L’anxiété sociale aussi. Ces jours-ci, mes chats me causent de l’anxiété! Ça vient de partout et là où on s’y en attend le moins.

    Et maintenant aussi, de plus en plus depuis le retour à la maison blanche de Donald Trump, on entend parler d’anxiété politique… J’en souffre aussi. Ben sûr, le climat d’incertitude et d’imprévisibilité qu’il fait régner aux États-Unis et sur le Canada, est une excellente source d’anxiété. Autisme, incertitude et imprévisibilité : ça fait pas bon ménage, en tout cas, pas pour moi.

    Je souffre donc de politico-anxiété. Comment je gère?

    Je pense qu’on a un choix. C’est mon opinion très personnelle. Je choisis d’avoir le choix. Le choix de focusser des lueurs d’espoir qui me font du bien plutôt que de me nourrir d’incertitude et d’imprévisibilité.

    Je m’explique.

    Comme personne, et comme autiste, on a dix milles façons d’être affectés par les décisions de Trump. La nomination officielle de Robert F. Kennedy Jr comme secrétaire à la Santé, pourrait faire reculer les avancées sur l’autisme d’un demi-siècle, relayant cette condition au titre de maladie ou d’handicape plutôt que d’une différence qui apporte du positif à une société. C’est mon interprétation. Personnellement, moi, ça vient me chercher les trippes. Ou encore, ce cher Elon Musk qui donne mauvaise presse à notre cause… partez-moi pas là-dessus! Vaut mieux en rire, et c’est ce que j’essaie de faire.

    On pourrait en ajouter à la liste jusqu’à demain matin. C’est facile. Il pleut des exemples, à chaque jour, à la télé, dans la presse, dans les médias sociaux. Take your pick.

    Mais y’a aussi autre chose, qu’on oublie, d’où le choix que je choisis de faire.

    Y’a aussi des histoires, des nouvelles tellement inspirantes. Ma lueur est liée à mon intérêt spécifique.

    J’ai un bacc en biologie. Bien sur, dans mes intérêts spécifiques, tout ce qui à trait aux animaux, j’embarque. Les mammifères marins viennent en tête de liste, mais vraiment, n’importe quoi. Oui, même les insectes… mais pas les araignées, y’a des limites quand même (!). En voyage, je recherche les zones fauniques, les refuges, les safaris photo. À la télé, j’adore les documentaires animaliers et les comptes-rendus de voyages. Sur Internet, je cherche les reportages photo ou récits de vacances que M. et Mme ToutLeMonde écrivent. J’adore. Mon intérêt spécifique quoi!

    En voici un exemple qui m’a nourrit.

    J’ai écouté une série sur Disney Channel avec grand intérêt, Alaska Animal Rescue. On y suit la vie des personnes qui travaillent (que dis-je, qui dédient leur vie) dans trois refuges en Alaska : un pour les oiseaux, le Alaska Raptor Centre, à Sitka, un pour les animaux marins, le Alaska SeaLife Centre à Seward et le dernier pour les mammifères terrestres, le Alaska Wildlife Conservation Center près de Anchorage. 

    Où je veux en venir? 

    J’ai trouvé les histoires racontées dans ce documentaire tellement touchantes et inspirantes, comme « une communauté travaille ensemble pour sauver une loutre de mer » ou bien « tout le village vient assister au départ de George, l’aigle à tête blanche qui a été réhabilité après avoir été pris dans des fils électriques ». Histoires inspirantes. Une communauté qui se soutient. Qui travaille ensemble dans un but comment. Positif. Du bonbon pour mon âme.

    La beauté de la chose est qu’il y’a un presqu’un an, j’ai eu la chance de visiter l’Alaska et j’ai aussi visité ces trois centres. J’en parle dans mon blog de voyage, si ça vous intéresse d’aller lire ce que j’y ai écrit :

    Ça a été pour moi un anti-dépresseur naturel sur les stéroïdes. J’ai trouvé ce qui me fait du bien, et je choisis de mettre mon focus là-dessus. 

    À l’automne, j’ai visité deux réserves fauniques sur la côte ouest de la Floride, le “Ding” Darling Wildlife sur l’ile de Sanibel en face de Fort Myers et le Six Mile Cypress Slough Preserve à Fort Myers à l’automne dernier. Du travail magnifique pour garder à l’état naturel ces petits coins de paradis. 

    Y’a du monde qui fait du bien dans l’monde. Faut pas l’oublier. Même si y’a d’autre monde qui ont le pouvoir de tout gâcher, je choisis de voir la lueur de façon très concrète. Ouais, je sais, ça fait ésotérique, mais ça garde ma politico-anxiété in check pour le moment. Et pour moi, ça marche.

    J’ai encore des projets de voyage. Et les refuges, zones protégées, parcs nationaux, etc. sont toujours sur ma liste d’endroits à visiter, peut importe où je vais. Je lis beaucoup sur le Galapagos ces temps ci. Sur l’Antarctique aussi. Je suis très attirée par les endroits sauvages. Je retourne prochainement visiter la Norvège, la France, l’Espagne et la Jamaïque. Quant à l’Islande, le Groenland, le Costa Rica, le Panama, la Colombie, le Guatemala et bien d’autre, c’est aussi prévu dans les prochains mois. 

  • Astrid et Raphaëlle – Libridé

    Astrid et Raphaëlle – Libridé

    Libridé, homme AuDHD, diagnostiqué à 40 ans

    Cette série est divertissante et très représentative du spectre de l’autisme sans en être moralisatrice. Le sujet est abordé surtout de façon à mettre en lumière les atouts que peuvent représenter les personnes sur le spectre dans des cadres professionnels particuliers sans oublier d’aborder les difficultés toujours présentent. Le personnage de Astrid n’est pas une caricature et peut, au contraire, aider à expliquer comment on se sent à l’intérieur même si on réussi à masquer beaucoup des comportements visibles dans son cas. Les gens m’ont parfois dit que ça semblait exagéré mais si je ne le cachais pas autant, je ressemblerais probablement à Astrid. L’évolution au fil des saisons est intéressante et on en voudrait toujours plus. Les enquêtes ne sont parfois qu’un beau prétexte pour explorer une facette de Astrid mais ça fonctionne très bien et je n’ai pas pu relever d’incohérences majeures, ce qui est rare dans les séries où on tente d’inclure une personne autiste.

    Astrid et Raphaëlle

  • Essai d’une approche intégrée de l’autogestion du trouble bipolaire et de l’autisme de haut niveau

    Essai d’une approche intégrée de l’autogestion du trouble bipolaire et de l’autisme de haut niveau

    2–3 minutes

    Par Mourad Rhanem

    Essai d’une approche intégrée de l’autogestion du trouble bipolaire
    et de l’autisme de haut niveau

    Le trouble bipolaire et l’autisme de haut niveau sont deux conditions de santé neurologiques.
    L’autisme est inné, alors que le trouble bipolaire est le plus souvent acquis.
    L’autisme se manifeste au sein d’un spectre, c’est-à-dire différemment d’une personne à l’autre, avec entre autres des sévérités différentes.
    L’autisme de haut niveau (ou à haut niveau de fonctionnement) est celui qui est le moins manifeste, où l’individu est le moins décelé comme étant autiste vu sa plus grande capacité à fonctionner en société.

    De ce fait, paradoxalement, une personne qui est à la fois bipolaire et autiste de haut niveau, sera diagnostiquée plus tôt bipolaire, puis plus tardivement autiste de haut niveau.
    Également, la manifestation du trouble bipolaire à un âge précoce suggère une comorbidité (un autre trouble de santé), dans ce cas l’autisme préexistant.

    Voyons comment les deux conditions se manifestent typiquement :

    Voici à quels niveaux les deux conditions interfèrent l’une avec l’autre :

    Selon l’auteur David Burns5, il existe différents biais cognitifs qui se manifestent chez une personne sous forme de pensées intrusives, et il considère qu’il faut identifier ces pensées intrusives, les faire correspondre à ces catégories de biais puis développer des pensées alternatives pour mieux éliminer la dépression.

    Voici la liste de ces distorsions cognitives :

    1. Les pensées « Tout ou rien »
    2. La généralisation à outrance
    3. Le filtre
    4. Le rejet du positif
    5. Les conclusions hâtives
    6. L’interprétation indue ou la lecture de pensées d’autrui
    7. L’erreur de prévision
    8. L’exagération ou la minimisation
    9. Les raisonnements émotifs
    10. Les « je dois » et « je devrais »
    11. L’étiquetage et les erreurs d’étiquetage
    12. La personnalisation

    Parmi toutes ces distorsions cognitives, une en particulier sort du lot : il s’agit des raisonnements émotifs.

    Tandis que tous les autres distorsions sont à la portée d’une personne présentant les deux diagnostics mais n’étant conscient que de celui du trouble bipolaire, celui des raisonnements cognitifs revêt une difficulté particulière : sachant que tous les biais cognitifs nécessitent d’identifier ses pensées, dans ce cas l’alexithymie (plus grande difficulté à percevoir ses propres émotions) ajoute un obstacle en plus.

    L’outil recommandé dans ce cas est la roue des émotions6. Il s’agit de choisir une émotion dans le cercle central puis de la préciser en se dirigeant vers la périphérie (où se trouvent des émotions plus précises). Il est possible de choisir plus d’une émotion ressentie à la fois dans la roue.
    Ensuite, il est important de prendre le temps d’assimiler l’émotion en question et de la ressentir pour la comprendre. Le processus peut être difficile et douloureux au début, mais il est important de noter que les émotions sont porteuses d’informations sur soi et sur notre environnement que l’on ne peut saisir autrement.

    1 Le cerveau à tous les niveaux : https://lecerveau.mcgill.ca/flash/a/a_08/a_08_cr/a_08_cr_dep/a_08_cr_dep.html
    2 L’humeur en montagnes russes – Bipolaire ou borderline ? : https://youtu.be/lnt_xt8VGEY?si=UsRJEmky_YA8JHok&t=2169
    3 Autisme et fatigabilité : la théorie des cuillères de Christine Miserandino : https://www.youtube.com/watch?v=joucXLKXbO8
    4 L’alexithymie : Pourquoi certaines personnes ne comprennent pas les émotions : https://www.science-et-vie.com/corps-et-sante/lalexithymie-pourquoi-certaines-personnes-ne-comprennent-pas-leurs-emotions-212007.html
    5 Feeling good | David Burns | TEDxReno : https://www.youtube.com/watch?v=H1T5uMeYv9Q
    6 La roue des émotions : https://www.ateliergalita.com/p/la-roue-des-emotions

  • Ma trajectoire après un diagnostic d’autisme tardif

    Ma trajectoire après un diagnostic d’autisme tardif

    Ma trajectoire après un diagnostic d’autisme tardif

    11–16 minutes

    Par Wevito

    Introduction

    Recevoir un diagnostic d’autisme à l’âge adulte, c’est pas anodin. C’est pas juste une étiquette ou une case à cocher dans mon dossier médical. C’est majeur comme changement. Un tsunami intérieur. Pour moi, ce diagnostic est arrivé presque par hasard, je cherchais pas vraiment d’explications activement – mais ça a tout changé. Ça a donné un sens à des décennies d’incompréhensions, de fatigue, d’efforts pour « fitter » sans jamais y arriver complètement. Comme si je jouais à un jeu de société avec le reste de la terre et je suis la seule qui sait pas comment jouer, évidemment que je faisais pleins de gaffes tout le temps. Le stress, je dis pas!

    Et même, pendant le processus, on m’a découragée. Mon médecin, puis ma psychologue m’ont dit que ça donnait rien d’aller plus loin, que j’étais sûrement pas autiste. Mais j’ai persévéré. J’avais commencé à lire, j’avais fait l’aspie-test et j’étais « off chart ». Au fil des questions, je voyais bien que ça collait à ma réalité… Dans le fond, quelque chose allait pas avec les explications que les psychiatre et psychologues m’avaient donné jusque maintenant. Et heureusement que j’ai été jusqu’au bout.

    Pour moi, avoir un diagnostic formel était primordial. Je sais que certaines personnes s’auto-diagnostiquent – et c’est ben correct – mais personnellement, j’aurais pas pu faire le cheminement que j’ai fait après, sans une confirmation formelle. J’aime juste pas les zones grises. J’avais besoin de cette certitude pour pouvoir avancer, sinon j’aurais toujours douté, vous connaissez, le syndrome de l’imposteur? Même avec le diagnostique, ça refait surface…

    Dans les mois et les années qui ont suivi mon diagnostique en mars 2021, j’ai traversé différentes phases. J’ai eu envie d’écrire ce texte pour mettre des mots sur ce que j’ai vécu. Et c’est en parlant avec d’autres personnes autistes diagnostiqués tardivement que je me suis rendu compte qu’on passe à peu près tous à travers les mêmes phrases, les mêmes étapes. J’essayais de lire et on nous ramenait toujours aux étapes du deuil, mais non, ça collait pas pantoute à ma réalité. Comme si le diagnostique serait la fin du deuil? Ché pas trop. Je prétend pas que c’est un modèle à suivre, mais c’est juste mon histoire que je partage.

    Voici, en cinq étapes, ce que j’ai traversé depuis ce jour où on m’a officiellement dit : « Vous êtes autiste. »

    1. La dualité : entre choc et soulagement

    J’y avais jamais pensé. Je regardais parfois des gens autour de moi et je me disais : « Ouin, y doit être autiste lui, y ressemble à Sheldon… », mais jamais cette idée m’avait effleurée pour moi-même. Et puis un jour, une amie – que je trouvais un peu comme moi – m’a confié qu’elle venait tout juste d’avoir son diagnostic. C’est elle qui m’a mis la puce à l’oreille. Quatre mois plus tard, je recevais un diagnostic formel.

    C’est pas le résultat d’un long cheminement comme certains. Mais pas pour moi, le choc a été réel, je me souviens de cette journée, même si j’avais peu de doute sur l’issue du processus. Ça m’est tombé dessus d’un coup. Et, pour être honnête, ce diagnostic a été plus bouleversant que la naissance de mon propre fils, weird hein? C’est difficile à expliquer à quelqu’un qui l’a pas vécu, mais c’est un tremblement de terre identitaire. Ça ébranle tout ce qu’on pensait savoir sur soi et sur les autres. Et je pense qu’autour de moi, personne a compris à quel point ce moment-là a été marquant.

    Mais en même temps… c’était aussi un soulagement immense. Depuis vingt, peut-être trente ans ou plus, j’avais ce sentiment persistant que quelque chose clochait, que j’étais toujours un peu à côté de la coche. Le diagnostic a mis des mots là-dessus. Il a ouvert une porte que je savais même pas que je cherchais.

    Fini les diagnostics qui faisaient pas de sens, les psychiatres à côté de la track, les burnouts à répétition, les meltdowns qu’on appelait « crises » sans jamais comprendre. Je pouvais enfin expliquer. Je pouvais enfin ME comprendre. J’avais trouvé sans chercher.

    2. Tout lire pour comprendre.

    Très vite, je suis tombée dans une quête d’informations et ça a duré quelques années. L’autisme était devenu mon intérêt spécifique. Je blague souvent en disant que j’ai tout lu l’internet! J’ai lu tout ce que je pouvais trouver : témoignages, articles scientifiques, j’assisté à des conférences en-ligne, à des webinaires… C’était la pandémie, et beaucoup de ressources étaient disponibles gratuitement à moins de deux clics de souris. J’ai aussi participé à plusieurs groupes de support différents, et je me suis fait des amis autistes.

    Tout ça m’a aidée à comprendre avant tout que j’étais pas seule. Au contraire. Beaucoup d’autre, comme moi, vivaient des choses semblables. Ces partages étaient très précieux et souvent, ça a aidé à mettre en mots des feelings flous que j’avais. Combien de moment « Ah! Ha! » j’ai eu, je ne les compte pus.

    Ensuite, ça m’a aidé à comprendre l’autisme, mon autisme. J’ai découvert les concepts de fight, flight, freeze… que je vivais en anxiété chronique depuis le début des temps sans le nommer. J’ai compris ce que c’était d’avoir un TSA combiné avec un TDAH – et comment cette dualité rendait la recherche d’équilibre particulièrement complexe. Soit le cerveau part dans tous les sens, ou shutdown complètement. Difficile pour moi, et aussi difficile pour les autres autour de moi.

    Mais mettre ces feelings en mot, ça change tout. Ça structure les affaires, ça donne une base. Et ultimement, ça apaise aussi.

    3. Revoir toute sa vie à travers des nouvelles lunettes

    Après le diagnostic, c’est comme si toute ma vie m’était revenue, mais avec une nouvelle paire de lunettes. Mon enfance, mes relations, mes études, mon travail… je voyais tout autrement.

    Petite, j’étais perçue comme une enfant difficile. On disait que j’étais rushante, capricieuse, impulsive. Mais aujourd’hui, je comprends. J’étais une enfant autiste. Ni moi, ni mes parents, on le savait, on était dans les années 70 après tout. Je faisais pas des crises « pour rien » : je faisais des meltdown à cause du stress, de la fatigue, du trop-plein sensoriel. Mon système était en surcharge constamment, et j’avais pas les mots pour le dire et encore moins les outils pour aider.

    Socialement et même chose au travail, j’ai toujours eu des difficultés à m’intégrer. Je me rends compte maintenant que je m’entourais de personnes qui parlaient beaucoup. En me tenant près d’elles, je pouvais être présente sans avoir à interagir activement. Elles devenaient, sans le savoir, une sorte d’interface entre moi et le monde.

    Et puis il y a eu les grands moments de ma vie – le décès de mes parents, la naissance de mon fils… Chaque fois, même quand c’était un moment heureux, s’ensuivait un burnout autistique. C’est maintenant si clair : j’arrivais à garder un certain équilibre (ou un équilibre certain), à fonctionner à peu près dans mes différentes sphères, mais dès qu’un choc émotionnel survenait – joyeux ou douloureux – tout s’écroulait. Pis pas à peu près. On me donnait de l’aide comme à une neurotypique, avec des diagnostiques pas rapport, mais ça marchait pas avec moi, ben non voyons!

    J’ai aussi réalisé à quel point j’avais aussi vécu avec un sentiment de culpabilité. Parce que mes meltdowns rendaient la vie difficile aux autres. Parce que je changeais souvent d’idée à la dernière minute. Parce que c’était souvent « my way or the highway » genre que le lait devait être à telle place dans le frigo ou je pétais ma crise. Parce que j’étais « trop » ou « pas assez ». Parce que j’étais une enfant difficile. Le diagnostic a changé ça. J’ai compris que c’était pas ma faute. Je savais juste pas comment être, ni quoi faire et encore moins comment communiquer mes besoins essentiels. Et personne m’avait donné les bons outils. Et en lisant non-stop, j’ai compris tout ce qui s’est passé, pourquoi la place du lait dans le frigo était si importante!

    Revoir tout ça a remué beaucoup d’émotions. Mais principalement, il y a eu beaucoup de frustration puisque tous les signes étaient là, j’étais tellement autiste, pourquoi personne ne s’en est rendu compte? Puis aussi parce que puisque mes parents sont tous les deux morts depuis bien longtemps, y’a des questions qui resteront sans réponse. Mais au total, faut accepter et passer à autre chose. Plus facile à dire qu’à faire, je vous l’accorde. Faut se donner du temps et beaucoup de lâcher-prise. 

    4. Le grand ménage

    Après cette introspection, vient le grand ménage. En parlant avec d’autres personnes autistes, certains déménagent, changent de travail, changent de coupe de cheveux, divorcent, font des changements dans la garde des enfants… Pour moi, le plus grand ménage a été relationnel.

    J’ai pris conscience que pendant des dizaines d’années, j’avais façonné mon « moi » pour être acceptée, pour « fitter » en société. Du masquage en bonne et due forme quoi. J’étais devenue experte à me conformer, à camoufler mes besoins, à m’adapter. Mais au fond, je ne savais plus qui j’étais vraiment. Et je me suis vraiment posée la questions, chu qui moi, en fin de compte? Je parle bien de tremblement de terre identitaire… ça va creux ici.

    Avec les lectures, les échanges avec d’autres personnes autistes et le recul du diagnostic, j’ai commencé à voir les choses autrement. J’ai écarté de ma vie des relations toxiques. Des gens qui abusaient carrément, ou bien des dynamiques où je me moulais à ce que l’autre voulait. Ce tri-là a été douloureux parce que je laissais aller quelque chose de connu, et le connu est confortable. Mais ça a aussi été libérateur et ça a fait de la place pour une relation intime réelle, durable, solide – dans laquelle je peux être moi-même. Honnêtement, je pensais que j’étais bien avant, sort of… mais maintenant, je vis vraiment la différence, d’être avec quelqu’un qui ne m’épuise pas, avec qui je dois pas jouer un rôle, parce que j’ai beaucoup de place pour être moi-même.

    Ce grand ménage, c’est pas juste faire un tri. C’est SE choisir. 

    5. Un nouvel équilibre

    Après le choc, la boulimie d’information, le retour en arrière et le grand ménage… vient autre chose. Un nouvel équilibre. Enfin, on y aspire. On y travaille.

    Je ne travaillais plus depuis déjà quatre ou cinq ans. J’étais dans un entre-deux, en quête de quelque chose de significatif à faire de ma vie. Je cherchais, à 51 ans, ce que j’allais faire quand j’allais être grande. Le diagnostic a agi comme un révélateur. Il m’a permis de comprendre ce que je ne voulais plus, mais aussi de commencer à entrevoir ce que je pouvais bâtir, à mon rythme, selon mes forces et mes capacités.

    J’ai commencé à faire du bénévolat, sous différentes formes, pour aider d’autres personnes autistes et pour faire avancer la recherche sur l’autisme. C’est là que j’ai trouvé un vrai sens. C’était pas juste “faire quelque chose de bien” : c’était aussi reprendre ma place. Contribuer à quelque chose qui me ressemble. Être utile. Me sentir bien dans une équipe qui m’accepte.

    Petit à petit, j’ai regagné en estime de moi. Je comprends mes limites et j’essaie de les faire respecter. Et, surtout, je suis fière de ce que j’accomplis. Pas parce que je travaille 70 heures par semaines, rien à voir avec la performance de mon travail d’avant. Ma réussite est autre chose, différente.

    Mais ce nouvel équilibre vient aussi avec des pertes. Le démasquage, même si c’est salutaire — parce qu’on arrête de faire semblant, parce qu’on s’épuise moins, parce qu’on apprend à se connaître pour vrai — ça vient aussi avec un prix. Masquer, c’était une stratégie de survie sociale : cacher nos traits autistiques pour se faire accepter, éviter les jugements, garder une job, s’intégrer à une gang, s’assurer d’une vie à peu près stable… au prix, bien souvent, de burn-outs autistiques tous les trois à cinq ans. Des factures payées cher, trop cher, pour juste avoir l’air « fonctionnelle ».

    Quand on arrête de masquer, certaines personnes s’éloignent, ou on réalise qu’elles nous toléraient plus qu’elles nous appréciaient. C’est toff. Faut apprendre à vivre avec une forme de solitude nouvelle, différente. On se demande : jusqu’où je continue à masquer? Est-ce que je m’adapte encore, consciemment, juste assez pour rester connectée? Ou est-ce que je refuse catégoriquement, quitte à me couper du monde? Tout est toujours une question d’équilibre, difficile à trouver.

    Ce sont des questions qui reviennent souvent. J’ai pas toutes les réponses. Mais ce que je découvre avec le temps, c’est que même si certaines connexions disparaissent, d’autres apparaissent. Des liens plus vrais, plus solides, parce que cette fois-ci, c’est moi qui suis là pour vrai. Plus en train de performer, plus en train de deviner ce qu’on attend de moi. Juste moi. Et quand ça clique, avec une autre personne qui me voit vraiment, sans jugement, c’est mille fois plus précieux que n’importe quelle relation basée sur le camouflage.

    Tout est pas parfait, c’est certain. Faut travailler son équilibre à tous les jours. Mais avec le temps, j’ai compris qu’être forte, c’est pas de jamais tomber. C’est de savoir se relever. Et aujourd’hui, quand ça arrive, je sais pourquoi je tombe : par épuisement, par surcharge sensorielle. Et surtout, je sais comment me relever. Je suis mieux outillée.

    Composer avec mon cerveau chat (TSA) et mon cerveau chien (TDAH) demande un ajustement quotidien. Mon chat veut du calme, de la constance, de la prévisibilité. Mais mon cerveau chien s’emmerde. Le chien, lui, veut de la nouveauté, de l’action, du chaos même… et ça, ça épuise totalement mon cerveau chat alors il tire la plug de temps en temps (meltdown ou shutdown). Comme si mon TDAH écrivait des chèques que mon TSA ne pouvait pas encaisser. Alors je navigue là-dedans, je compte mes cuillères (du texte de Christine Miserandino) et je fais des compromis. Et parfois, je me plante. Mais parfois, j’arrive même à les faire s’entendre ces deux-là. Pas toujours. Mais souvent. De plus en plus.

    Conclusion

    Recevoir un diagnostic d’autisme à l’âge adulte, c’est pas une finalité, c’est un commencement, un renouveau. Comme beaucoup partage, y’a un avant et un après diagnostique, y’a définitivement une démarcation dans notre vie, une ligne dans le sable. On est toujours la même personne, mais on est aussi complètement différente. 

    Ça vient avec le soulagement d’enfin se comprendre, de finalement pouvoir lire son propre manuel d’instruction. Et de pouvoir enfin construire une vie qui nous ressemble. Pis aussi de trouver d’autres personnes qui nous comprenne sans juger. Ça, ça a pas de prix. Comme si on trouvait un ti-québécois au Japon… On arrête de camoufler, on retrouve son soi réel. On m’a même dit que j’avais l’air plus autiste depuis que je savais que j’étais autiste… je suis donc sur la bonne voie!

    J’ai écrit ces quelques pages beaucoup plus pour moi qu’autre chose, c’est pas un guide, c’est pas une recette et ça a absolument rien de scientifique… C’est juste une partie de mon cheminement. C’est aussi quelque chose que j’aurais aimé pouvoir lire quand j’ai eu mon diagnostique, pour pouvoir comprendre ce qui se passait, surtout quand les 5 phases s’entrechoquaient dans mon cerveau. Ça m’aurait aidé beaucoup durant la phase de ménage! Je sais que je suis pas la seule qui vit ça et qui en a beaucoup d’autres. C’est sur cette note que je voudrais terminer, on est pas seul et faut se parler, faut s’entraider, y’a personne d’autre qui va le faire à notre place. On commence à s’organiser, c’est ce qui me donne un peu d’espoir chaque jour. 

  • Intégration des personnes neurodivergentes en emploi

    Intégration des personnes neurodivergentes en emploi

    Présenté par : Coopérative de solidarité L’Envolée

    OÙ : En ligne par Zoom

    QUAND : Reportée, date à venir

    PRIX : Gratuit – Français

    Conférence gratuite offerte par l ‘Association des parents d’enfants Asperger: Fier partenaire de la Coopérative l’Envolée
    1er conférence-web de la saison !
    🍂🍂
    ⏰Quand: 28 octobre 2025 – 19h00 sur la plate forme Zoom
    📝Sujet: L’intégration des personnes neurodiverses en emploi ; utiliser pleinement leurs forces cognitives et leur créativité !
    C’est M. Martin Prévost, cofondateur et directeur de la formation de la firme Neuro Plus https://www.neuroplus.org/mission/ qui aura le privilège d’aborder les questions que tous les parents se posent à un moment de leur vie :

    Période de questions
    Pour vous inscrire et recevoir votre lien écrivez-nous à :
    👉info.aspie.apea@gmail.com

    Lien pour s’inscrire

    Page Facebook de la Coopérative de solidarité l’Envolée

  • Des milieux de vie adaptés aux adultes autistes

    Des milieux de vie adaptés aux adultes autistes

    OÙ : En ligne par Teams

    QUAND : Reporté à une date indéterminée

    PRIX : Gratuit – Français

    📆Pour le moment, aucune date n’a été fixée pour la reprise de l’activité 📆

    ➡ Si vous souhaitez être informé de la reprise de cet événement, nous vous invitons à devenir membre du RNETSA.

    Merci de votre compréhension!

    🔔🏘 𝐋𝐚𝐧𝐜𝐞𝐦𝐞𝐧𝐭 𝐝𝐞𝐬 𝐢𝐧𝐬𝐜𝐫𝐢𝐩𝐭𝐢𝐨𝐧𝐬 🏡🔔

    Il est maintenant possible de s’inscrire à la prochaine activité du RNETSA intitulée : Des milieux de vie adaptés aux adultes autistes.

    Cette activité, organisée en collaboration avec l’Association des groupes de ressources techniques du Québec, vous est offerte gratuitement et en ligne.

    Vous pourrez entendre des pistes de solutions inspirées par les résultats de recherches de Mmes Anne-Marie Nader, Isabelle Courcy et Virginie Lasalle. À cette équipe s’ajouteront des personnes autistes ainsi que des chargés de projet et des gestionnaires de projet de milieu de vie.

    ➡️Pour vous inscrire ou pour plus d’informations, veuillez visiter notre site Internet au www.rnetsa.ca dans l’onglet Activités.

    Lien pour s’inscrire

    Page de l’activité du RNETSA

  • Webinaires 2026 aspergerapea

    Webinaires 2026 aspergerapea

    OÙ : En ligne par Zoom

    QUAND : Multiple en 2026

    PRIX : Gratuit – Français

    ✅✅✅WEBINAIRES 2026❗️❗️❗️

    Nous vous invitons à vous joindre à nous pour vivre d’enrichissantes rencontres mensuelles en 2026. Soyez au rendez-vous!

    Surveillez les annonces pour les inscriptions !

    Inscriptions: écrivez-nous à info.aspie.apea@gmail.com en demandant le lien Zoom pour la conférence qui vous intéresse. La journée de la conférence nous vous ferons parvenir votre lien de participant.
    👉info.aspie.apea@gmail.com

    Lien courriel pour s’inscrire

    Page Facebook de l’association des parents d’enfants asperger

  • Workshop – Understanding Echolalia: Exploring the Complexity of Autistic Communication

    Workshop – Understanding Echolalia: Exploring the Complexity of Autistic Communication

    Where : Online

    When : May 14 2026, 12:00 to 14:00

    PRICE : 35$, registration required

    Kai Pretto, M.A., CCC-SLP, an Autistic speech-language pathologist and researcher, combines their specialised knowledge as a practitioner and researcher with both clinical and lived experience to provide a more nuanced understanding of the function of echolalia in Autistic and otherwise neurodivergent communication. They will explore how echolalia—a form of vocalization that many still see as “non-functional”—taps into ALL functions of language: Requesting; Protesting & Rejecting; Commenting & Sharing Observations; Asking & Answering Questions; Expressing Feelings & Emotional States; and Social Routine & Connection. They will further discuss the intersection of echolalia with Gestalt Language Processing (GLP) and how different stages of gestalts require different levels of communication partner engagement and support. Additionally, they will provide insight into the functions of echolalia as a “social glue” and an important form of coregulation for Autistic and otherwise neurodivergent communicators of all ages and communication abilities.

    Link to register

    Event’s Facebook page

  • Art dévoilé 2026 Un Vernissage printannier

    Art dévoilé 2026 Un Vernissage printannier

    Présenté par : La Maison de l’autisme et District 3

    OÙ : 1250 Rue Guy, Suite #600, Montréal

    QUAND : vendredi 8 mai 2026, 17:00 – 19:00

    PRIX : Gratuit

    Rejoignez-nous pour la 5e édition de notre marché d’art et exposition annuelle L’art dévoilé mettant en valeur le travail remarquable d’artistes autistes.

    Un cadeau porteur de sens, de beauté et d’intention ✨

    Si vous cherchez à offrir à votre mère quelque chose de vraiment spécial pour la Fête des Mères — quelque chose qui raconte une histoire et qui redonne — L’art dévoilé : Un Vernissage printannier est l’endroit idéal pour commencer.

    Rejoignez La Maison de l’Autisme chez District 3 pour la 5e édition de L’art dévoilé, un marché d’art et une exposition célébrant la créativité remarquable d’artistes autistes. Cette édition printanière transforme l’art en connexion, en impact et en intention, faisant de chaque œuvre bien plus qu’un simple cadeau.

    Accueilli dans l’espace de coworking baigné de lumière du District 3, cet événement reflète notre mission de rassembler les gens autour de la créativité, de l’inclusion et des liens qui ont du sens.

    Que vous soyez à la recherche d’un cadeau sincère pour la Fête des Mères ou simplement d’une soirée inspirante entourée d’art et de notre communauté, cet événement offre une expérience fraîche et profondément significative.

    Ce qui vous attend :

    • Une exposition et un marché d’art soigneusement sélectionnés, présentant des œuvres originales d’artistes autistes
    • L’opportunité de rencontrer les artistes et de découvrir les histoires derrière leurs créations
    • Un art qui soutient l’inclusion, le talent et le sens

    Offrez un cadeau qui compte — ou gardez quelque chose de précieux pour vous-même — tout en célébrant les voix artistiques de la communauté autiste.

    Join us for Artistry Unveiled, the 5th edition of our annual art market and exhibition featuring the incredible work of autistic artists.

    A Gift with Meaning, Beauty, and Purpose

    If you’re looking to gift your mother something truly special this Mother’s Day, something that tells a story and gives back, Artistry Unveiled: A Spring Vernissage is the perfect place to begin.

    Join Autism house at District 3 for the 5th edition of Artistry Unveiled, an art market and exhibition celebrating the remarkable creativity of autistic artists. This spring edition transforms art into connection, impact, and intention, making every piece more than just a gift.

    Hosted in District 3’s light‑filled co-working space, this event reflects our mission of bringing people together around creativity, inclusion, and meaningful connections.

    Whether you’re searching for a heartfelt Mother’s Day present or simply an inspiring evening surrounded by art and community, this event offers a refreshing and meaningful experience.

    What to Expect:

    • A curated art exhibition and market featuring original works by autistic artists
    • The opportunity to meet the artists and learn the stories behind their creations
    • Art that supports inclusion, talent, and purpose

    Give a gift that matters or keep something special for yourself while celebrating the artistic voices of the autistic community.

    Lien pour obtenir des billets

    Lien vers la page de l’évènement

  • Comment expliquer mon autisme à mon entourage

    Comment expliquer mon autisme à mon entourage

    Présenté par : Autisme Montérégie

    OÙ : En ligne par Zoom

    QUAND : À partir du 20 avril

    PRIX : 20 à 35$ – Français

    Une série de 3 ateliers pour réfléchir et s’outiller!

    💬Les personnes qui ont participé témoignent :

    ‘’ J’ai pu trouver une façon plus simple et efficace de parler de mon autisme et de mes besoins.’’

    ‘’ Je suis moins stressé maintenant, car j’ai compris quand je devais en parler et quand ce n’était pas nécessaire.’’

    ‘’ Je comprends mieux maintenant la réaction des autres quand je leur parle de mon diagnostic.’’

    👉 Ces ateliers débutent le le 20 avril ! Pour en savoir plus : https://www.autismemonteregie.org/evenements/ateliers-formations-pour-adultes-autistes

    Lien pour s’inscrire

    Publication Facebook de l’évènement

  • Sommet canadien du leadership en autisme

    Sommet canadien du leadership en autisme

    Où : Fairmont Château Laurier, Ottawa ET diffusion en direct

    Quand : 14 au 16 avril 2026

    PRIX : 25 à 200$

    🗣 12e Sommet annuel canadien sur le leadership en autisme (CALS 2026)

    De Autism Alliance of Canada / Alliance canadienne de l’autisme

    ✅ La billetterie est maintenant ouverte pour le est maitenant ouverte!

    📆 Date : du 14 au 16 avril 2026

    📍Lieu : Fairmont Château Laurier à Ottawa ou diffusion en direct

    La thématique de cette année, Maintenant plus que jamais, invite à explorer comment l’innovation, l’inclusion, l’importance d’agir aujourd’hui et le leadership communautaire peuvent nous faire avancer ensemble.

    👉 Pour en savoir et s’inscrire:

    Lien pour s’inscrire

    Page Facebook de l’Alliance canadienne de l’autisme

  • The Sensory journey summit

    The Sensory journey summit

    Presented by : Climbrx

    Where : Niagara Falls convention center, Ontario

    When : April 12 to 14 2026, Online

    PRICE : FREE Live and paid package for recording access

  • La multicouleur de la différence – Autisme et l’anxiété, un duo à part entière

    La multicouleur de la différence – Autisme et l’anxiété, un duo à part entière

    Présenté par : Autisme Montréal

    OÙ : 1280 Rue St-Denis, Montréal, QC H2X 3J6, Canada

    QUAND : 11 avril, de 12:45 à 17:30

    PRIX : Gratuit

    Autisme Montréal est ravi de vous inviter à une après-midi d’échange unique en compagnie de Valérie Jessica Laporte, alias Bleuet atypique. Rendez-vous à l’Espace Quartier Latin pour plonger au cœur de l’autisme avec authenticité et bienveillance.

    📅 Au programme de votre après-midi :

    » 12h45 | Accueil des participants et participantes.
    Prenez le temps de vous installer confortablement et de vous imprégner de l’ambiance avant le lancement.

    » 13h15 à 14h45 | Discussion 1 : La multicouleur de la différence.
    Découvrez une vision nuancée et humaine de l’autisme. Valérie abordera le diagnostic, la gestion des émotions et l’acceptation de soi. Cette expérience fera une différence durable dans votre vie et celle de vos proches.

    » 15h00 à 16h30 | Discussion 2 : Autisme et anxiété, un duo à part entière.
    Repartez avec des stratégies concrètes et des outils éprouvés pour mieux apprivoiser l’anxiété au quotidien avec plus de sérénité et de confiance.

    » 16h30 à 17h30 | Cocktail d’échange et convivialité.
    Un moment privilégié pour se rencontrer, partager vos expériences et tisser des liens dans une atmosphère décontractée.

    Prêts et prêtes à nous rejoindre ?
    Les places s’envolent vite, ne tardez pas à réserver la vôtre !

    Besoin de plus d’infos ?
    📧 accueil@autisme-montreal.com
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    🎉 Au plaisir de vous y voir en grand nombre !

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  • International conference for autism and neurodevelopmental disorders

    International conference for autism and neurodevelopmental disorders

    Presented by : ICAN Conferences

    Where : Niagara Falls convention center, Ontario

    When : April 2nd & 3rd 2026

    PRICE : FREE for Parents and individuals on the spectrum

    Parents & individuals on the autism spectrum: Join Dr. Temple Grandin and 50+ global experts at ICAN 2026, a life-changing event in Niagara Falls.

    Free Registration now open for U.S. & Canadian residents.

    Tap below to secure your spot!

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  • Rencontres annuelles 2026 RNETSA

    Rencontres annuelles 2026 RNETSA

    Présenté par : RNETSA

    OÙ : En ligne par Teams

    QUAND : 23 et 25 mars 2026

    PRIX : Gratuit – Français

    Les Journées annuelles du RNETSA sont une activité phare depuis plusieurs années par sa qualité de conférences et son accessibilité. Au cours des années, avec l’aide de ses collaborateurs et collaboratrices, de ses comités et des résultats des sondages de satisfaction, l’équipe du RNETSA a peaufiné et ajusté son activité. 

    Cette année ne fait pas exception et c’est avec plaisir que nous vous proposons la nouvelle formule des Journées annuelles : les Rencontres annuelles. Les conférences seront ainsi réparties sur deux journées :

    • le 23 mars, de 13 h à 16 h 45
    • le 25 mars, de 8 h 10 à 12 h

    Fort du succès qu’ont connu l’an dernier la gratuité de l’événement et les parcours multiples, ceux-ci sont reconduits cette année. Lors de l’inscription, vous pourrez sélectionner les conférences qui vous intéressent, mais il sera possible de changer de salle à tout moment pendant la journée. L’inscription est obligatoire pour participer aux Rencontres annuelles. 

    C’est sous la thématique de l’innovation que les conférences et les témoignages ont été sélectionnés par un comité composé de membres des comités de gestion, consultatif et scientifique ainsi que de partenaires de divers réseaux. Les Rencontres annuelles de 2026 intitulées Innover collectivement : la force des savoirs partagés comportent plus de 15 conférences et témoignages touchant plusieurs strates d’âges et plusieurs réseaux comme l’éducation, le milieu communautaire, l’emploi, la petite enfance et, bien entendu, la santé et les services sociaux. 

    Des attestations seront disponibles pour les personnes ayant participé à plus de 50 % des demi-journées et ayant rempli le sondage de satisfaction d’ici le 8 avril 2026 à 23 h 59. Dépassé ce délai, le sondage sera fermé et les attestations seront acheminées dans les trois semaines suivantes. 

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    Page de l’activité du RNETSA

  • La neurodiversité en action Giant steps

    La neurodiversité en action Giant steps

    Présenté par : À pas de géants

    OÙ : Centre À pas de géant (4400, rue Molson, Montréal)

    QUAND : 20 & 21 mars

    PRIX : 75$ par jour – Bilingue

    ✨ Colloque – La neurodiversité en action : voix, savoirs, inclusion

    Présenté par À pas de géant en partenariat avec le Réseau pour transformer les soins en autisme, ce colloque propose un espace de réflexion et de dialogue autour de pratiques neuroaffirmatives et inclusives.

    🎤 Au programme : conférences, panels, présentations de recherche et expériences culturelles, mettant de l’avant des approches fondées sur les données probantes, l’expérience vécue et la co-construction.

    Les échanges porteront sur des pratiques favorisant la participation, le respect des profils neurodivergents et la création de milieux inclusifs à travers le Québec, dans une perspective de partage des savoirs, d’innovation collaborative et d’ancrage dans des valeurs de dignité, d’appartenance et d’équité.

    📘 Consultez le programme complet :

    https://issuu.com/…/programme_la_neurodiversit_en…

    🗓 20 et 21 mars 2026

    📍 Centre À pas de géant (4400, rue Molson, Montréal)

    📝 Inscription : https://www.zeffy.com/…/neurodiversity-in-action-voices…

    🎧 Interprétation simultanée offerte. Les participant·e·s sont invité·e·s à apporter leurs propres écouteurs et appareil mobile.

    _____________

    ✨ Conference – Neurodiversity in Action: Voices, Evidence, Inclusion

    Presented by Giant Steps in partnership with the Transforming Autism Care Consortium (TACC), this conference creates a space for reflection and dialogue around neurodiversity-affirming and inclusive practices.

    🎤 The program includes keynote presentations, panels, research presentations, and cultural experiences highlighting approaches grounded in evidence, lived and living experience, and co-creation.

    Discussions will explore practices that support meaningful participation, respect diverse neuroprofiles, and foster inclusive environments across Québec, with an emphasis on knowledge sharing, collaborative innovation, and values of dignity, belonging, and equity.

    📘 View the full program:

    https://issuu.com/…/program_neurodiversity_in_action…

    🗓 March 20–21, 2026

    📍 Giant Steps Centre (4400, rue Molson, Montréal)

    📝 Register at: https://www.zeffy.com/…/neurodiversity-in-action-voices…

    🎧 Simultaneous interpretation will be provided. Participants are asked to bring their own headphones and mobile device.

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  • 51e congrès en éducation inclusive

    51e congrès en éducation inclusive

    S

    OÙ : En ligne

    QUAND : 18-19-20 mars 2026

    PRIX : Payant – Français

    Parce que personne n’est vraiment dans la moyenne, et c’est tant mieux.

    Chaque élève a son propre rythme, ses forces, ses défis. Et chaque acteur de l’éducation mérite des outils pour les accompagner avec justesse, bienveillance et efficacité.

    Le 51e congrès en éducation inclusive vous invite à dépasser les approches uniformes et à explorer des pratiques qui tiennent compte de la richesse des différences.

    À travers des conférences ancrées dans la réalité du terrain, venez nourrir votre développement professionnel autour de thématiques essentielles : la collaboration, la bienveillance, la neuroéducation, la motivation, les pratiques inclusives, le numérique et les émotions.

    Repartez avec des outils concrets et une bonne dose d’inspiration pour faire une vraie différence — là où ça compte le plus : auprès de vos élèves.

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    Page de l’évènement

  • La réalité de l’autisme chez les femmes – entretien avec Mélissa Perron

    La réalité de l’autisme chez les femmes – entretien avec Mélissa Perron

    S

    Présenté par : Stéphanie Deslauriers

    OÙ : En ligne, Zoom

    QUAND : 18 mars 2026

    PRIX : Payant 40$ – Français

    Bonne nouvelle : mercredi le 18 mars prochain, à 18h30, j’aurai le bonheur de m’entretenir avec l’autrice, illustratrice et artiste autiste @melissa_perron_ | Mélissa Perron auteure🥳🥳🥳

    ♾Ensemble, on va parler des particularités de la réalité d’être une femme autiste, comme :

    ⭐️L’errance médicale

    ⭐️Ce que ça change de recevoir un diagnostic

    ⭐️Les relations amicales neurodivergentes

    ⭐️La responsabilité qui vient avec le fait de parler publiquement de son diagnostic

    ⭐️L’utilisation de l’art comme stratégie d’adaptation

    ⭐️ …et bien plus encore!

    🗣️Nous jaserons 60 minutes puis, il y aura une période de 15 minutes de questions des participant-es.

    📆Tu n’es pas dispo le 18 mars à 18h30? Pas de problème : à l’achat du webinaire, tu auras automatiquement accès à la rediffusion pour 60 jours!

    Au plaisir d’échanger le mois prochain 👋

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